Ce matin : les nouveaux petits cailloux fiscaux du gouvernement.

Si on met bout à bout trois annonces ou semi-annonces lâchées en quelques heures entre vendredi et ce week-end, difficile de croire au simple fait du hasard. On le sait, Emmanuel Macron est pris, en cette rentrée, dans le piège tendu par les oppositions d’être le président des riches. Il n’a pas réussi à s’en dégager parce le calendrier de ses mesures est plus favorable à court terme aux plus fortunés. 

La suppression de la taxe d’habitation pour les 80% les moins aisés des ménages (la seule votée) pèse pourtant deux fois plus lourd (10 milliards d’euros) que l’allègement de la fiscalité du capital (5 milliards), mais la 1ère se fera sur trois ans, la seconde sur un an, 2018. Du coup, ces jours-ci, des petits cailloux, effectivement, sont déposés pour donner une autre couleur subliminale aux réformes fiscales. 

Le patron du Parti En Marche, Christophe Castaner, un proche du président, souhaite, il l’a redit hier, une révision de la fiscalité des successions et ses proches mettent les sous-titres : l’enjeu ce sont les inégalités dans l’héritage entre les petits et les gros patrimoines. 

La ministre de la Culture a évoqué, elle, une réforme de la redevance audiovisuelle dont l’objectif serait d’y soumettre les smartphones, ordinateurs et tablettes (qui permettent d’écouter la radio et de regarder la télé), mais qui permettrait de la baisser pour ceux qui la paient aujourd’hui puisque cela se ferait à enveloppe constante. 

Enfin, Les Echos ont dévoilé que l’exit tax, l’impôt qui frappe les entrepreneurs qui quittent la France, ne sera finalement pas totalement supprimée.  

A ce stade, ce sont surtout des ballons d’essai. 

Preuve d’un certain flottement, Matignon et certains ministres, en off, ne se montrent guère enthousiastes. La redevance TV et la fiscalité des successions sont tous les deux des sujets hautement inflammables. Les Français, bien sûr, vont se dire que l’Etat essaiera de gratter un peu d’argent au passage. 

Dans les deux cas aussi, rien ne se fera, manifestement, avant 2020 au mieux. La question est de savoir s’il est prudent de lâcher des petits cailloux même pour corriger une trajectoire quelques semaines avant la baisse de la taxe d’habitation, des cotisations sociales des salariés et la retenue à la source. 

Ce n’est pas sûr. Attention de ne pas confondre petits cailloux et grosses ficelles ! 

NB : le sujet est tellement inflammable que l'Elysée a fait savoir, en début d'après-midi, qu'il n'est pas question de toucher aux droits de succession - et pan sur le bec, M. Castaner-, tandis que Gérald Darmanin excluait dans la matinée toute modification de l a redevance !

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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