Sur le plan économique, la destruction temporaire de la 1/2 de la capacité de production saoudienne n'aura pas fortes conséquences directes. Indirectement, c'est autre chose : tout dépendra de la réaction américano-saoudienne.

Image du 16/09/19 des dégâts causés aux infrastructures pétrolières et gazières suite aux attaques de drones du week-end à l'usine à gaz de Haradh le 14/09/19
Image du 16/09/19 des dégâts causés aux infrastructures pétrolières et gazières suite aux attaques de drones du week-end à l'usine à gaz de Haradh le 14/09/19 © AFP / HO / PLANET LABS INC.

La destruction de sites de production en Arabie Saoudite a réduit de 5,7 millions de barils par jour la production du pays, ce qui représente environ 5% de l’offre mondiale d’or noir. Ce n’est pas rien et on n’avait pas connu de choc aussi important en quelques heures depuis la révolution iranienne il y a quarante ans.

Les cours du pétrole ont grimpé de 14% à Londres et New York. Mais attention, pas de panique. Pour l’instant, personne ne manque de pétrole : il y a des stocks. La dépendance est moins forte qu’autrefois. 

Et les cours n’étaient pas très haut ces dernières années à cause de ou grâce au pétrole de schiste américain – les Etats-Unis sont devenus, phénomène incroyable, le 1er producteur mondial et ils concurrencent le Moyen-Orient. La conclusion est que ce n’est pas actuellement un énorme problème économique, surtout si les sites détruits sont réparés en quelques semaines. 

D'ailleurs, ce matin en Asie, les cours sont stables

En France, le prix des carburants va augmenter de 4 à 5 centimes dans les prochains jours à la pompe, ce n’est pas dramatique. Il faut savoir que l’Arabie saoudite n’est plus le premier fournisseur de la France, ce sont le Kazakhstan et la Russie. 

Ce genre de crise permet toutefois de constater que notre pays n’a pas fait de progrès depuis un quart de siècle sur son indépendance énergétique. Il en avait fait de gros dans les années 70 et 80 puis il s’est arrêté.  

Mais l’économie n’est pas tout

A qui le dites-vous ! Cet événement peut avoir trois conséquences durables. La première est que chacun voit que l’Arabie saoudite, pays qui dépense des fortunes pour se défendre, peut être attaqué par des drones ou missiles qui viennent le toucher au cœur. Cela va inquiéter beaucoup de producteurs. 

Deuxième conséquence : dans une période de ralentissement économique mondial, par définition un coup d’accordéon sur le prix du baril peut l'amplifier. 

Enfin et surtout, le problème est que si Ryad, Téhéran et Washington ont sur le papier tous intérêt à ne pas envenimer la situation, Mohamed ben Salman, les dirigeants iraniens et Donald Trump sont tous imprévisibles et dans des stratégies d'affirmation. 

Au total, ce n'est pas l'économie qui inquiète, c'est la possibilité d'une réaction non rationnelle d'un des acteurs. 

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