Ce matin, une information vous a frappé: Chrysler va fabriquer des Fiat 500 au Mexique. Oui, vous savez, il y a parfois dans l'actualité des raccourcis qui résument tout en quelques mots, et cette information hélas révélé par mes confrères du « Wall Street Journal » et non des « Echos » en fait partie. Alors reprenons, si vous voulez bien, chacun des éléments. D'abord Chrysler. C'est l'un des grands noms de l'automobile américaine, il avait racheté le français Simca à l'italien Fiat dans les années 60. Mais il avait frôlé la faillite à la fin des années 70, avant d'être repris par l'allemand Daimler en 1998. Le propriétaire de Mercedes l'a laissé tomber une décennie plus tard et Fiat en a racheté 20% en juin dernier. Première leçon donc: c'est la fin de la domination américaine sur l'automobile, la reine des industries au XXe siècle. Ensuite, la Fiat 500. Alors ça c'est extraordinaire. La Fiat 500, c'est un vieux machin. Elle a été créée il y a plus de 50 ans. Moi, quand j'étais tout petit, j'ai été trimballé dans tout le Maroc dans une Fiat 600, qui était une Fiat 500 améliorée – c'est dire que c'est de l'histoire ancienne. Eh bien Fiat a relancé en 2007 une nouvelle version de ce qu'on appelait son pot de yaourt et c'est un fantastique succès. A tel point que le constructeur de Turin qui était donné pour mort il y a trois ans est aujourd'hui l'un des hommes forts de l'automobile mondiale. Ce qui amène une deuxième leçon: faire du neuf avec du vieux, ça peut être très efficace. Et puis tout de suite après, troisième leçon: dans l'industrie, tout se joue de plus en plus sur un modèle. On l'avait vu pour Renault avec la Mégane Scénic. On le voit aussi dans un autre secteur comme les télécoms, où l'iPhone a boosté Apple. Et un fabricant comme Sony Ericsson, qui a changé de patron hier, va jouer sa survie sur son prochain appareil qui sera un Googlephone. Enfin, quatrième leçon: même l'Amérique tourne le dos aux grosses bagnoles. Et ça, ce n'est pas seulement une leçon, mais aussi une révolution. Enfin, le Mexique. Eh oui, l'industrie automobile n'est plus réservée aux pays occidentaux industrialisés depuis longtemps. Sa nouvelle géographie est planétaire. En Allemagne, les actionnaires qui montent dans le capital du secteur viennent du Qatar et d'Abou Dhabi. Le premier marché mondial, c'est la Chine. Le premier constructeur, lui, est japonais: c'est Toyota. Le nouveau numéro trois, est le coréen Hyundai. Et le numéro deux, c'est encore l'Américain General Motors. Mais GM a été placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine des faillites en juin dernier. Et il a annoncé hier que sa grande idée était un modèle low cost pour les pays émergents à moins de 3.000 euros. Un projet directement inspiré de la Nano, lancé avec grand succès par l'Indien Tata il y a six mois. Quel symbole! Et pourtant, il manque au moins deux leçons dans cette histoire... En effet. D'abord, l'automobile n'existe pas sans Etat. Il en faut pour construire des routes, donner des primes à la casse et prêter de l'argent aux constructeurs quand les banques sont grippées. Ensuite, tout ça manque un peu d'électricité. Car l'avenir n'est plus dans le moteur à explosion et donc le pétrole. Toyota va bientôt proposer essence-électricité sur tous ses modèles. GM annonce un hybride pour 2011, avec une consommation d'à peine un litre au cent. Le japonais Nissan, associé de Renault, promet son premier modèle 100% électrique pour l'an prochain. La voiture, qui ronronnait depuis un siècle, connaît une nouvelle jeunesse – et c'est tant mieux.

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