Aujourd’hui, pause dans la crise financière et ses développements. Nous vous parlons, des ventes d’ordinateurs en France.

Les ventes ont chuté au deuxième trimestre. Selon les chiffres du cabinet Gartner publié hier, les Français ont acheté seulement 2,3 millions d’ordinateurs de bureau ou portables. C’est 18% de moins qu’il y a un an. Et je vais en faire deux lectures pour vous montrer qu’on peut faire dire aux chiffres un peu ce qu’on veut.

Commençons par la première lecture : c’est une catastrophe .

Je dirais même plus : c'est une catastrophe Thérèse. Moins 18%. Consternation chez les fabricants d’ordinateurs. Les distributeurs s’arrachent les cheveux avec des stocks d’invendus, notamment de notebook, les petits portables qui avaient été le grand succès des années précédentes. Mais cette baisse n’est pas surprenante.

D’abord, l’achat d’un micro-ordinateur, c’est de la consommation. Et la consommation a beaucoup ralenti, pour des raisons évidentes : les entreprises donnent peu d’augmentations de salaire et il faut dépenser plus d’argent pour faire le plein d’essence ou remplir son frigo avec de la viande ou des jus de fruits et des sodas qui ont augmenté de plus de 5% en un an.

Au printemps, les achats des Français ont même reculé de 0,7%, cela a plombé la production nationale. Et cela ne vient pas seulement de la fin de la prime à la casse qui a fait dévisser les vents de voitures.

Ensuite, l’achat d’un ordinateur, c’est aussi de l’investissement. Là, ce n’est pas plus la fête. Les PME ont du mal à trouver du crédit, c’est du moins ce que leurs patrons disent aux constructeurs pour expliquer que finalement ils ne changeront pas tout de suite leurs machines. Et quand le gouvernement cherche à économiser le moindre centime, les administrations retardent aussi le renouvellement de leurs appareils.

Enfin, il y a une explication technique : fin 2009, Microsoft avait sorti une nouvelle version de son logiciel qui fait tourner les ordinateurs, Windows 7. Cela avait incité les entreprises à changer leurs ordinateurs l’an dernier. Cette année, c’est l’inverse : ils attendent plutôt la sortie l’an prochain de Windows 8.

Après avoir expliqué que c’est la catastrophe, N’est-ce pas si grave ?

Pourquoi s'inquiéter ? D’abord, 2,3 millions d’ordinateurs vendus, cela veut tout de même dire 25.000 par jour dimanche inclus, c’est pas mal.

Et puis si les Français achètent moins d’ordinateurs, c’est aussi parce qu’ils achètent plus de tablettes tactiles, ces tablettes que vous faites marcher en tapotant sur l’écran. Le fameux iPad fait un tabac, au point qu’Apple peine à suivre la demande. Et les autres constructeurs comme Asus ou Archos montent en puissance. Cette année, il devrait se vendre plus d’un million de tablettes en France.

Autrement dit, plus de la moitié de la baisse des ventes d’ordinateurs correspond en fait à un glissement des acheteurs vers les tablettes. Cette hypothèse est confirmée par le fait qu’il y a une baisse très marquée des ventes de notebook, qui sont les produits les plus proches. Mais la substitution ne se voit pas car ce n'est pas le même cabinet qui compte les ordis et les tablettes.

Peut-on donc montrer une chose et son contraire ?

Ce que je veux montrer, c’est qu’il devient de plus en plus difficile de déchiffrer l’économie, car les frontières bougent tout le temps et les statisticiens ont du mal à suivre.

Comment par exemple définir les ordinateurs pour comptabiliser leurs ventes ?

Comme je fais partie des dinosaures qui se servent encore d'un dictionnaire, j'ai regardé dedans. Il indique qu'il s'agit d’une machine électronique de traitement numérique de l’information qui exécute un programme très rapidement. Cela correspond bien sûr au micro-ordinateur, mais aussi à la tablette, et même au Blackberry et à l’iPhone qui sont aussi puissants qu’un micro-ordinateur d’il y a quelques années.

Ce qui nous amène pour conclure à un joli paradoxe : plus la puissance de calcul augmente, moins on connaît ce qu’il faut calculer.

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