Le sujet économique du jour, c’est le méga contrat annoncé hier par Airbus avec une compagnie indienne. Réussite qui pourrait en annoncer d’autres …

En effet. Alors que cet été est celui du doute sur la croissance française, Airbus apporte à nouveau des raisons d’espérer, avec une commande record pour l’A 320 Neo, son nouveau fleuron dans la famille des court et moyen-courrier, dont les livraisons commenceront en fin d’année. Hier, ont donc été confirmés 250 avions pour la compagnie IndiGo, pour 26.55 milliards de dollars, soit 24 milliards d'euros. Cela surpasse ce qui était le précédent « top du top » pour les ventes de tels appareils dits « monocouloirs » : 234 A 320 en mars 2013 par l’Indonésien Lion Air. La seule commande supérieure dans l’histoire d’Airbus est celle de Qatar Airways en 2007 : 27.5 milliards de dollars, mais pour des longs courriers.

Au-delà des chiffres en valeur absolue, ce contrat est porteur d’espoir parce qu’il concerne un marché clé : les transporteurs aériens asiatiques spécialisés dans le low cost.

Pourquoi l’Asie, avec ses compagnies à bas coût, devient-elle l’eldorado d’Airbus ?

Parce que ce marché possède un potentiel de développement exceptionnel. En liaison avec l’essor des classes moyennes en Asie. Habitants, hommes d’affaires et touristes se déplacent de plus en plus dans cette région du monde. Et du fait des faiblesses des infrastructures terrestres, ils sont nombreux à privilégier l’avion, même pour un voyage de quelques centaines de kilomètres. Le phénomène est amplifié par l’émergence de compagnies low cost comme IndiGo. Une sorte de Ryanair à l’indienne : tarifs planchers, prestations de confort minimales, assez peu de lignes mais avec des fréquences soutenues. Moins de dix ans après sa création, il revendique plus d'un tiers du marché indien, et c’est la seule compagnie rentable du pays.

Selon Airbus, le nombre de passagers doit quintupler en Inde dans les 20 ans à venir, et que cela réclamera près de 1 300 avions supplémentaires, ce contrat ne peut qu’en appeler d’autres

Des contrats et un avion stratégique, donc. Airbus n’en deviendra-t-il pas très, voire trop dépendant ?

Dépendant, à n’en pas douter. Mais on ne saurait se plaindre de voir cet appareil si bien accueilli, pas pour ses beaux yeux mais pour ses performances : sa motorisation le rend particulièrement économe par rapport aux générations actuelles de monocouloirs. Il a enregistré 4 100 commandes, contre 2 800 pour son challenger le Boeing 737 Max. Et donc, il n’y a pas de raison que ce soit un triomphe dans lendemain.

En outre, Airbus peut désormais compter sur un nouveau best-seller en puissance avec son A 350 sur le segment des longs courriers et il a encore enregistré de belles commandes en début d’été sur son classique A330. Cela devrait lui permettre de gérer sereinement des dossiers plus délicats, comme le fait que le compteur de nouvelles commandes de l’A 380 – 25 étaient attendues en 2015 - ne s’est toujours pas débloqué cette année.

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