Les Français se démènent à Rio non seulement pour remporter des médailles mais aussi pour faire gagner la candidature de Paris aux JO de 2024.

Médaille d'or, Jeux Olympiques de Rio, 2016
Médaille d'or, Jeux Olympiques de Rio, 2016 © Getty / Scoop Dyga/Icon Sport via Getty Images

Est-ce que ça vaut le coup ?

C’est vrai que la vie à Rio n’a pas l’air simple pendant les Jeux. Et la plupart des villes olympiques ont perdu de l’argent dans l’histoire. Votre question est donc légitime. La réponse habituelle, c’est de compter les milliards. Le Centre de droit et d’économie du sport de l’université de Limoges estime ainsi les retombées des JO à Paris entre 5 et 11 milliards d’euros, avec la construction d’un centre aquatique et d’un village olympique, les nuitées d’hôtels et la contribution du Comité international olympique. Mais une équipe menée par des économistes de la London School of Economics vient de proposer une approche complètement différente, qui consiste à évaluer le bonheur engendré par les JO.

Comment peut-on mesurer le bonheur ?

Aussi incroyable que cela puisse vous paraître, cette mesure est devenue un souci majeur des statisticiens. Il n’y a pas que le PIB dans la vie ! L’objectif des politiques économiques, c’est d’abord d’accroître le bien-être. Pour le mesurer, les économistes demandent tout simplement aux gens s’ils se sentent heureux ou anxieux, et s’ils sont satisfaits de leur vie. Leurs réponses donnent une mesure du « bien-être subjectif ». Les chercheurs ont ensuite comparé les avis collectés à Londres, qui hébergeait les Jeux en 2012, avec ceux venant de Paris et Berlin.

Et alors, les JO rendent-ils heureux les habitants de la ville d’accueil ?

A en croire la française Claudia Senik qui a publié il y a deux ans un très joli livre sur « L’économie du bonheur » et les autres économistes qui ont fait cette étude, il n’y a aucun doute : les JO ont significativement augmenté le bonheur des Londoniens, indépendamment du nombre de médailles remportées par les Britanniques. Grand bonheur même, au moment des cérémonies d’ouverture et de fermeture des Jeux. Mais bonheur éphémère : un an après, on n’en trouve plus la moindre trace.

Faut-il alors vraiment se décarcasser pour organiser les Jeux ?

Les JO à Paris pourrait rendre les Parisiens heureux, ce qui serait une sacrée performance. Mais pour que la mairie de Paris profite électoralement de ce bonheur, les élections devraient avoir lieu juste après. Or il faut attendre 2032 pour que JO et municipales aient lieu la même année. Et ça ne suffirait pas, puisque les municipales se font au printemps et les Jeux en été. Le bonheur du sport échappe aux calculs politiciens.

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