Le gouvernement a transmis vendredi au Parlement son programme pluriannuel des finances publiques. Il réaffirme la suppression de 30.000 postes de fonctionnaires en 2012.

Il fait beau partout en France –j’ai bien écouté la météo–, mais les fonctionnaires vont avoir l’impression de recevoir deux douches froides cette semaine. La première, c’est effectivement celle-là. En dépit des protestations qu’on entend ici et là, le ministère du Budget persiste et signe : pour tenter de baisser des déficits publics qui restent pharaoniques, il est indispensable de « tenir » les dépenses de l’Etat. Et un des leviers pour les « tenir », c’est de poursuivre la baisse du nombre de fonctionnaires, -31.000 en 2011, environ –30.000 en 2012, dans la lignée de ce qui a été fait depuis 2007. Confirmer cela à un an de la présidentielle, c’est un peu comme la suppression d’une partie de l’ISF, c’est « gonflé » et pas très électoraliste. La seconde douche froide tombera demain. François Baroin, le ministre du Budget et Georges Tron, qui s’occupe de la Fonction publique, devraient annoncer aux syndicats que le "point d’indice" des fonctionnaires sera à nouveau gelé l’an prochain. La Cour des Comptes pense même qu’il faudrait continuer en 2013 !

Pour l’instant, c’est le un sur deux, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, qui fait débat. La Une de Libération samedi : « Service public à la casse ». Celle du Journal du Dimanche hier : « 3.000 classes menacées » ! Quand on regarde scrupuleusement les chiffres, on voit que le nombre de fonctionnaires d’Etat est revenu fin 2008 (dernière statistique connue) à son niveau de 1996, période qu’on n’identifie pas à la préhistoire. On s’aperçoit encore qu’il y a 600.000 fonctionnaires territoriaux et 200.000 hospitaliers de plus. Voilà une casse assez protégée ! Disons aussi qu’après le bouclier fiscal, beaucoup de monde aimerait brandir le scalp du second totem sarkozyste : le fameux « un sur deux ». Cela dit, ce qui est vrai est que la méthode utilisée jusqu’à maintenant est probablement en bout de course, notamment dans l’éducation et la police, et qu’elle n’est pas allée au bout de sa course dans d’autres secteurs, par exemple à Bercy.

C’est-à-dire ? Ce qui frappe, dans le débat budgétaire sur l’éducation, est que chacun se jette des chiffres à la figure, mais que l’on a vraiment du mal à y voir clair sur :

1– l’évolution du nombre d’élèves par niveau

2– l’évolution du nombre d’enseignants.

Luc Chatel, n’est pas plus clair que les syndicats. Chacun utilise des thermomètres différents. Trop silencieux, le Ministre, lui, doit au minimum expliquer comment, dans des départements difficiles comme le 93, le nombre d’élèves par classe peut augmenter. Au fond, le « un sur deux » est une bonne cible, mais il est depuis le début mal argumenté. Le rabot rabote, il ne définit pas une politique et des objectifs. C’est ce qui manque.

Y a-t-il un exemple où le « rabot » a bien fonctionné ? Oui ! Personne n’en parle, mais avec l’informatique, le nombre d’agents de la sécurité sociale baisse chaque année, il est revenu à son niveau de 1976. Alors même que le nombre de dossiers à traiter a explosé et que le service rendu s’est largement amélioré. Cela pourrait utilement inspirer les sureffectifs du ministère des Finances, qui nous invite à déclarer nos impôts sur Internet.

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