Après France Inter hier, le Premier ministre accorde ce matin aux Echos , votre journal, une longue interview.

Oui, c’est une interview pour envoyer un message aux acteurs économiques, notamment aux entreprises. Ce message, c’est : vous pouvez vous sentir soutenues. Bon, pas besoin d’un dessin : la situation est difficile, on frôle la récession, les acteurs économiques, consommateurs, entreprises, investisseurs, C’est l’attentisme, tout le monde attend on ne sait pas quoi, mais attend. Bref, c’est la déprime. D’où les chocs que propose Jean-Marc Ayrault.

Premier choc, un choc de clarté.

L’opinion ne sait plus de quel côté va le gouvernement, tantôt il critique les patrons, tantôt il les chouchoute ; il a critiqué Sarkozy sur tout, mais il va lui aussi réformer les retraites et économiser dans les dépenses publiques ; il exige une relance en Europe mais explique la rigueur en France. Le choc de clarté de Jean-Marc Ayrault, c’est de dire : ne regardez pas le verre à moitié vide, regardez ce que nous avons fait. Emploi des jeunes, marché du travail, logement, Grand Paris, compétitivité : regardez aussi ce que nous avons déjà fait. Dont acte, des choses ont été faites. Qui n’effacent pas les contradictions, mais qui sont là.

Deuxième choc, le choc fiscal.

La politique fiscale avance sur le rythme du stop ou encore. François Hollande a promis la pause, c’est fini, plus de hausse, et on a l’impression que ce n’est pas vrai. Là, le message de Jean-Marc Ayrault, à ce micro comme dans les colonnes des Echos, c’est de dire : eh, la hausse de la TVA de 2014 était déjà connue, ça ne compte pas ; la suppression de niches fiscales, ce ne sont pas des vraies hausses ; la hausse des cotisations retraite, ce n’est pas nous, ce sont le patronat et les syndicats. Bon, on n’est pas obligé d’être dupe, et surtout le gouvernement ne cite jamais une seule économie en face des efforts !

Troisième choc, le choc de compétitivité.

Après le rapport Gallois, le gouvernement avait présenté en novembre 35 mesures – peut-être là pour faire oublier de façon freudienne les 35 heures, je plaisante - et un crédit d’impôt de 20 milliards. Il nous annonce d’autres mesures à venir et un mea culpa sur la fiscalité des Pigeons, les start-up. Tant mieux.

Dernier choc, le choc de simplification.

Jean-Marc Ayrault annonce une mesure forte : la suppression immédiate de l’obligation de publier leurs comptes, ou des comptes aussi détaillés, pour un million et demi de petites entreprises de moins de 50 salariés. A priori, c’est bien aussi !

Quatre clarifications, cela va suffire ?

Ecoutez, Jean-Marc Ayrault a une phrase frappée au coin du bon sens : les efforts demandés, ce n’est pas l’apocalypse quand même. Exact. Mais quand écoute le milieu économique, ce qui manque le plus, ce ne sont pas les mots, c’est un choc de confiance et de crédibilité pour qu’il n’y ait pas un double discours : un à Paris, un à Bruxelles, un à Solférino, un aux Echos. Bref, ce qu’il faut, c’est un choc d’autorité.

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