Ce matin, vous saluez un succès de la recherche médicale française qui va bénéficier au monde entier.

Oui, dans l’océan de lamentations et de pessimisme qui est le lot quotidien de l’actualité, on trouve de temps en temps des motifs de petite (ou grande) réjouissance. Vendredi, l’Organisation mondiale de la Santé, l’OMS, a donné son aval à un vaccin contre une maladie très répandue des pays tropicaux, qui fait des ravages en Asie du Sud-Est et en Amérique latine et centrale : la dengue. Comme le paludisme, cette maladie qu’on appelait autrefois la grippe tropicale se transmet par les moustiques, et elle touche (écoutez bien) une centaine de millions de personnes par an. Elle provoque un épuisement total, des douleurs articulaires terribles et sa forme hémorragique, en plein essor, peut être mortelle. Depuis vingt ans, le français Sanofi Pasteur cherche un vaccin et cela y est, toutes les étapes ont été franchies. Le vaccin, qui s’appelle Dengvaxia, va pouvoir être proposé aux pays touchés par cette infection. Le Mexique, le Brésil, le Salvador sont en train de l’adopter et une première campagne de vaccination a commencé il y a quelques jours aux Philippines – où un million d’enfants vont être vaccinés cette année.

C’est aussi un sujet économique.

Le groupe pharmaceutique affirme avoir investi 1,5 milliard d’euros dans la recherche avant de finaliser ce vaccin – c'est considérable. En face, il estime que trente-cinq pays devraient l’autoriser avant la fin de l’année, dont certains pays européens pour leurs territoires outre-mer. Prix du traitement : 60 euros par personne, trois doses suffisant. Au total, les analystes pensent que Dengvaxia devrait apporter des ventes à hauteur de 200 millions d’euros cette année, et davantage dans les années qui viennent. Il faudra un peu de temps pour amortir l’investissement. Qu'on le veuille ou non, le raisonnement doit être aussi économique.

Il y a deux conclusions à tirer.

La première : la France peut apporter des solutions aux pays émergents à partir des conditions de recherche et de production en France, puisque les vaccins sont fabriqués dans le Rhône. Deux : le Dengvaxia prouve que l'on peut diffuser des traitements peu chers dans le monde sans qu'ils aient d'abord été rentabilisés dans les pays développés.

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