Angela Merkel fera ce soir à Paris son premier déplacement de chancelière réélue.

C’est une bonne nouvelle sur le plan symbolique et parce que l’on espère une relance de l’axe franco-allemand et de l’Europe. Ce rendez-vous, c’est la rencontre entre deux dirigeants qui ont l’assurance – si tout va bien – de travailler ensemble pendant trois ans sans élection majeure à craindre. Bien sûr, Angela Merkel pourra ce soir afficher son fameux petit sourire en coin : elle sait qu’elle n’était pas la candidate de François Hollande qui a longtemps espéré une victoire des sociaux-démocrates. Mais peu importe. La réalité et ce qui est important, c’est que chacun aborde cette nouvelle période avec un certain nombre d’attentes – avec une liste de courses pour dire les choses moins diplomatiquement.

Priorité à la France... Qu’attend François Hollande ? La France espère que la politique économique allemande sera infléchie dans un sens qui lui convienne mieux : moins d’insistance sur la rigueur – et sur la rigueur punitive pour les pays en grande difficulté comme la Grèce et le Portugal - ; plus de relance et de soutien à la croissance. L’Elysée voit des signes positifs dans l’annonce d’un Smic allemand et d’un plan d’investissements pour les infrastructures, par exemple les autoroutes. En réalité, on surestime ce que ces trois points vont changer pour nous. Les sociaux-démocrates sont aussi rigoureux que la droite allemande, le Smic ne sera obligatoire qu’en 2017 et le plan de relance n’est que de 14 milliards d’euros. En revanche, ces derniers jours, Berlin a fait, sous la pression efficace de Paris, des pas importants vers nous. Sur l’union bancaire, ce qui constitue une avancée considérable puisque 250 banques bénéficieront d’une garantie et d’une surveillance européenne. En s’alignant sur la France sur la question des travailleurs détachés. Mais Paris veut que Berlin aille plus loin, que l’Allemagne tienne davantage compte des autres.Cela, c’est la liste de courses française … Mais quelle est celle d’Angela Merkel ? Qu’attend-t-elle de François Hollande ? Elle attend que notre économie aille mieux et que nous fassions pour cela des réformes. Les Allemands se demandent comment une économie peut fonctionner dans la mondialisation avec 57% de dépenses publiques moyennement efficaces. Ils restent éberlués qu’un pays secoué par le ras-le-bol fiscal parle de grande réforme fiscale à chaud. Et ne comprennent comment on arrive pas à faire de vraies économies. Angela Merkel a besoin, mais surtout l’Europe a besoin, que notre économie redresse la tête pour que notre voix politique soit crédible.Cela pose des deux côtés du Rhin quatre grandes questions... Un : Angela Merkel 3 va-t-elle en Allemagne redistribuer les fruits de la croissance de Merkel 1 et 2 ? Deux : va-t-elle, en Europe, avancer autrement qu’à reculons et le couteau sous la gorge ? Trois, en France, la 2ème mi-temps de François Hollande sera-t-elle celle de l’audace et de la vision après une 1ère mi-temps marquée par une "fiscalite" et un désordre aigus ? Quatre : Dévoilera-t-il enfin ce qu’il souhaite faire de l’Europe ? Nous n’aurons pas les réponses ce soir, mais nous verrons si cette rencontre est convenue ou enfin constructive.

► ► ► POUR ALLER + LOIN > La face cachée d'Angela Merkel en douze anecdotes insolites > Les visages du nouveau gouvernement Merkel

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.