La journée d’hier a été marquée par des grandes manœuvres dans le domaine de la sécurité digitale.

Hier matin, Thales, le géant français de l’électronique de défense, a annoncé le rachat de Gemalto, l’ex-roi des cartes à puce bancaire, téléphonique et des passeports qui est en difficulté sur un marché est moins porteur. Il l’a fait au nez et à la barbe d’un autre groupe tricolore, Atos, qui a jeté l’éponge dans la soirée d’hier après avoir refusé d’augmenter la taille du chèque. Gemalto, Atos, Thales: ces trois entreprises sont moins connues que d’autres et travaillent dans des domaines moins visibles que l’automobile ou la distribution. Mais elles sont importantes: à elles trois, elles emploient 185.000 salariés et opèrent dans la haute technologie. 

Au-delà, Thales qui reprend Gemalto, c’est intéressant pour deux raisons. 

La première est que même si le siège de Gemalto est aux Pays-Bas, la consolidation se fait entre entreprises françaises et sous direction tricolore. Après les changements de drapeaux d’Alstom-Energie, de Lafarge, Alcatel, voire Technip et Siemens (çà on verra), ce n’est pas désagréable. 

Second point : Thalès-Gemalto se place sur une niche porteuse et d’avenir, cela de la sécurité digitale, la cybersécurité, avec la promesse de sécuriser les données sensibles, celles des banques, des cartes, des avions, mais aussi les passages en douane dans les aéroports avec de la reconnaissance faciale, tout cela avec de l’intelligence artificielle. Reste une interrogation avec Thalès qui n’existait pas avec Atos : les clients américains de Gemalto pourraient tiquer sur le fait que l’État est au capital de Thalès.

Cette opération braque les feux sur des dirigeants qui réussissent

Patrick Caine, le patron de Thalès n’est pas connu du grand public, il réussit pourtant à développer sa société avec une idée maligne : utiliser le levier des technologies développées grâce aux budgets de défense pour développer les activités civiles. Quant à lui, Thierry Breton, le patron d’Atos, vit cette fois-ci un échec. Mais il a doublé la taille de son entreprise depuis qu’il est là, il a fait entrer Atos dans le CAC 40, c’est un champion européen. Derrière la bataille de ces derniers jours, il y a deux généraux, deux entreprises et des salariés qui méritent d’être salués.

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