Le débat enfle dans la majorité sur la rigueur. Oui, et cela n'a rien d'étonnant mais cela pose une question : maintenant que l'engagement numéro 9 du candidat Hollande est officiellement abandonné, les digues, déjà peu solides, vont-elles toutes sauter une à une ? L'engagement numéro 9, vous le savez, c'était la promesse de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013. Cet objectif a été rangé au placard par le Premier ministre lui-même parce que la conjoncture est plus mauvaise que prévu. Cela veut dire qu'il n'y a plus, actuellement, de cible pour le déficit public. Et des voix commencent à se faire entendre pour dire : si ce n'est pas 3%, cela peut être 3,2, mais pourquoi pas 3,5 ou plus encore. D'où la question : les digues vont-elles lâcher ?C'est Cécile Duflot qui a parlé la première... Voir une écologiste dont le parti compte beaucoup de partisans de la croissance zéro réclamer des budgets en hausse est cocasse. L'austérité n'est pas un horizon, a expliqué la ministre verte dans Le JDD, la réponse aux difficultés, ce n'est pas de tailler dans les dépenses. Cécile Duflot défend son ministère du logement, mais son propos est plus général. Même topo chez Delphine Batho, à l'Ecologie : pour elle, on est au maximum des économies. Autant dire que cela va être compliqué pour Jean-Marc Ayrault et pour François Hollande. Au passage, le Président mesure combien avoir 38 ministres qui râlent, c'est beaucoup : un gouvernement de 15 ministres, ce serait plus facile ! Fin de la parenthèse.Difficile de tenir le cap : pourquoi cela ? Pour une raison simple. Parce que contrairement à ce que l’on croit, la rigueur dans les dépenses n’a pas vraiment commencé. On noie le poisson avec des chiffres mirobolants (60 milliards), mais ce sont des économies en peau de lapin, par rapport à une tendance dite naturelle dont personne ne connaît la nature. Surtout, personne ne peut se souvenir d'une prise de parole du président pour dire : les économies, ce n'est pas seulement pour faire plaisir aux marchés financiers, c'est inévitable. La pédagogie sur les dépenses n'a pas été faite. Certes, François Hollande a concédé que 57% de la richesse nationale consacrés aux dépenses publiques, c'est beaucoup ; mais entre l’énergie déployée à augmenter les impôts et à économiser, il n'y a pas photo. Aujourd’hui, on entend parler baisse ou fiscalisation des prestations familiales, gel des retraites, mais rien sur ce que doit faire l'Etat, son périmètre, sa taille, le nombre de collectivités territoriales. Résultat : on va au plus facile et au plus bête, le gel du point de la fonction publique par exemple.Le débat va donc être dur ? Cela ne devrait pas. Les dépenses publiques, ce sont 1.150 milliards ; et rien ne serait possible ? Alors que les entreprises et les ménages savent, eux, faire des économies, François Hollande veut-il agir sur les dépenses ou seulement faire semblant en agitant quelques chiffons rouges ? Dix mois après son élection, mi-février, on ne sait pas vraiment.

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