Les entreprises, et d'abord les grands groupes, ont répondu présent sur la distribution de la prime défiscalisée proposée par le gouvernement le 10 décembre. Les coulisses de cette décision quasi-unanime des chefs d'entreprise.

Photos récentes des billets d'une valeur de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euros
Photos récentes des billets d'une valeur de 5, 10, 20, 50, 100, 200 et 500 euros © AFP / AFP

Le 10 décembre, Emmanuel Macron avait invité les entreprises à verser une prime exceptionnelle défiscalisée à leurs salariés, prime pouvant aller jusqu’à 1.000 euros. 

Deux mois après, où en est-on ? Eh bien, il semble que les patrons ont répondu présent. Les trois quarts des grands groupes sont passés à la caisse, dans certains cas pour tous les salariés, dans d’autres pour les plus bas salaires seulement. Une enquête de l’Association nationale des DRH publiée par Les Echos montre aussi que 74% des PME ont fait la même chose, avec une moyenne de 530 euros. Les proportions seront moins fortes chez les artisans et les petits commerce. 

Alors pourquoi les coulisses ? Ce succès, c’est à la fois la rançon de la peur des chefs d'entreprise et de leur désir d’être aimé par le président. 

- La peur : au plus fort de la crise des Gilets Jaunes, avant Noël et début janvier, les patrons ont vraiment eu peur que la pression -très concentrée sur les politiques- se tourne vers eux. D’où leur vitesse de réaction. Au passage, quelques uns d'entre eux ont ri jaune quand ils ont vu que le Total a tiré le tout premier, avec une prime de 1.500 euros. Un bon coup de com, mais la barre est devenue haute. 

- Et puis, je le disais, il y a le désir d’être aimé du chef : les chefs d’entreprise français se plaignent en privé de ne jamais voir Emmanuel Macron, ils sont reçus par le secrétaire général. C'est vexant quand vous dirigez 100.000 salariés. Il faut lui parler en anglais pour le voir, se plaint l’un d’entre eux. Jean-Bernard Lévy, le patron d’EDF, a ainsi rencontré pour la 1ère fois en tête-tête le président à l’Elysée la semaine dernière, pour son renouvellement. Avant, il l’avait vu en avion lors de voyages officiels. 

Cette réponse rapide sur la prime va-t-elle protéger les entreprises ? Non ! Les patrons des grands groupes ont beau donner des gages sur le montant des impôts qu’ils paient, plusieurs les ont dévoilés, il est peu probable que la baisse de l’impôt sur les bénéfices des sociétés prévue pour les prochaines années ait lieu, faute d’argent.

Elle devrait continuer à être réservée aux PME - j'en prends le pari.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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