La saleté à Paris est devenue un sujet politique, mais peut-elle s’expliquer avec l’économie ?

La saleté à Paris sous le prisme économique
La saleté à Paris sous le prisme économique © Maxppp / IP3 PRESS

Oui, c’est l’objet d’une enquête de Kévin Badeau dans Les Echos, dont je vous recommande la lecture, mais après le petit déjeuner. 

Poubelles crevées, tapis de mégots, guirlandes de crottes et fumet d’urine : la propreté est la priorité numéro un des Parisiens dans la campagne des municipales. L’ex-candidat Griveaux voulait même nommer 1.000 managers de rue pour pister les crados. Quant à Anne Hidalgo, elle en est à son troisième plan propreté, à 600 millions d’euros par an, sans succès.

Pourquoi ? D’abord, bien sûr, parce qu’il est très difficile de nettoyer une grande ville traversée quotidiennement par 5 millions de personnes. La capitale emploie 5.000 éboueurs, mais ça ne suffit pas, à cause des accidents du travail et des arrêts maladie. Saviez-vous qu’un éboueur pouvait soulever 8 tonnes de conteneurs par jour ? Et un balayeur, balayer pendant 7 heures ?

Ensuite, il y a la synchronisation de la voirie. A quoi bon nettoyer la rue le matin, si on enlève les poubelles le soir ? C’est comme si le ménage n’avait pas été fait.

Et puis il y a des raisons sociétales, qui tiennent au mode de vie des urbains.

Les Parisiens font preuve de moins de civisme qu’autrefois ?

Sans doute, mais de toute façon, la saleté appelle la saleté. 

Le sujet, ce sont plutôt les nouvelles façons de profiter de la ville. La capitale a été en grande partie rendue aux piétons, avec les voies sur berge, les vélos en libre accès, les places et les canaux où il fait bon pique-niquer, faire la fête… abandonner quelques canettes et papiers gras.

Mais ce n’est pas tout. Nous vivons aussi dans une société de l’emballage. Plus on parle d’écologie, plus on se fait livrer ses repas, ses vêtements et mille babioles inutiles made in China. Résultat, des poubelles qui vomissent sur le trottoir. 

C’est une vague qui monte sans fin. On ne pourra jamais en venir à bout si l’on ne remonte pas à la source, c’est-à-dire à la production de déchets, en réduisant les emballages, en les récupérant, en les recyclant. 

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

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