On connaît désormais le palmarès mondial des constructeurs automobiles pour 2020 : l'alliance Renault-Nissan est, sur les volumes, au troisième rang, tandis que les nouveaux mariés que sont PSA et Fiat s'affichent au sixième. L'électrification rebattra sans doute les cartes.

2020 est une année évidemment exceptionnelle, avec une situation sanitaire qui a plombé les ventes partout, mais surtout en Europe.

Si on regarde le nombre de voitures vendues, plus de dix millions, Toyota est redevenu le numéro un mondial, place que le Japonais avait perdue en 2015. Derrière, on trouve Volkswagen. Puis Renault-Nissan. Puis General Motors. Puis le coréen Hyundai. Puis Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler. 

On connait bien sûr les limites du classement en volume, mais on voit, et on peut s’en réjouir, que les constructeurs français, directement ou pas, seuls ou en couple, occupent deux des six premières places mondiales. 

Les grincheux, il paraît qu’il y en a en France, diront que vendre beaucoup c’est bien pour l’ego, mais que si les résultats financiers sont mauvais, cela ne sert à rien. C’est la grenouille qui veut être aussi grosse que le bœuf – on connaît la fin de l’histoire. C’est vrai, les grincheux n'ont pas tout à fait tort : la situation de Renault-Nissan n’est pas bonne, et si celle de PSA est nettement meilleure, les deux Français sont de toutes façons en queue de peloton dans les classements quand on regarde aussi la valorisation boursière. Ce sont Tesla, Volkswagen et Toyota (encore) et le chinois BYD qui sont en tête. 

Mais voilà, je crois qu’au moment où chacun connaît la désindustrialisation française, qu’au moment où il a fallu importer 30 milliards de masques de Chine l’année dernière, au moment où nous ne brillons pas avec nos vaccins tricolores, je crois qu'on a envie de féliciter les dirigeants, les ingénieurs et tous les salariés de ces groupes français qui se battent tous les jours. 

Et l’automobile est à un tournant… Le patron d’un des deux groupes français confiait il y a quelque temps : (je le cite) « l’électrification va avoir un effet incroyablement darwinien sur notre secteur, des entreprises vont mourir. Je ne veux pas être de celles-là ». 

On sait ce qui peut les effrayer : Tesla, parti de zéro, a vendu 500.000 voitures l’an dernier et veut en vendre 800.000 cette année. 

Mais tout n’est pas perdu pour les constructeurs historiques : Volkswagen a écoulé 230.000 véhicules 100% électrique depuis un an, et la troisième voiture 100% électrique la plus vendue au monde a été la … Zoé, de Renault. Attention : Tesla va inaugurer cette année sa première usine européenne, près de Berlin. La concurrence ne fait que commencer

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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