**La SNCF réfléchit aux moyens de faire des économies sur les TGV, ce qui pourrait passer par la fermeture de certaines lignes…Oui, la décision n’est pas encore prise, mais la direction de la SNCF réfléchit à une refonte de son offre – comme on dit – en matière de TGV et certaines lignes peu rentables sont dans le collimateur. En fait, la liaison Rouen-Lyon a déjà perdu deux TGV le week-end mais il s’agirait d’aller plus loin. Le Paris-Arras, le Lille-Strasbourg, le Bordeaux-Strasbourg ou le Nantes-Strasbourg sont par exemple regardés de très près, le trafic pourrait au minimum être nettement réduit. Les décisions seront prises bientôt pour être appliquées en fin d’année. Mais il est écrit noir sur blanc dans le budget 2010 de l’entreprise qui sera présenté mercredi que le déficit de certaines lignes devra être « significativement réduit ». Vous imaginez les réactions dans les régions, chez les usagers et les collectivités locales. Je croyais les lignes TGV ultra – rentables…C’est moins vrai. Le TGV a été la vache à lait de la SNCF, qui lui a permis d’améliorer ses résultats. Mais cet âge d’or semble révolu. En 2009, les recettes de la branche TGV-Corail ont reculé de 1,4% après avoir grimpé de 8% en 2008. La faute à la crise : en 2008, les Français ont davantage utilisé le train à cause de l’envolée du prix de l’essence ; en 2009, ils ont repris leur voiture et ont cherché les premiers prix. Et cette année, 2010, la SNCF prévoit encore une baisse (4%) du nombre de voyageurs transportés. Bref, le résultat est qu’en deux ans, la rentabilité de cette branche a été divisée par deux. Du coup, la SNCF a déjà réduit le nombre de trains avant et après les heures de pointe, afin de mieux remplir les rames pendant ces pointes. Du coup aussi, elle va mettre trois rames TGV de la ligne sud-est au parking, ce qui n’était jamais arrivé ! La baisse du trafic suffit à expliquer tout ça ?Non, et le sujet devient politique et se déplace sur le terrain des relations entre l’Etat et la SNCF. Car la baisse de rentabilité du TGV s’explique aussi par la hausse des péages que paie la SNCF à Réseau Ferré de France – RFF pour les intimes – pour faire circuler les trains sur les rails. Comme un automobiliste paie un péage sur l’autoroute. Ces rails appartiennent, sont construits et entretenus par RFF, un démembrement de l’Etat. Ce partage n’est pas idiot : il a été fait pour que les concurrents de la SNCF qui empruntent les voies financent eux aussi les investissements. Pour l’instant, il n’y a pas de concurrents, mais il y a d’énormes investissements prévus : les lignes TGV Tours-Bordeaux, Le Mans-Rennes. Et le prix de ces péages de la SNCF à RFF augmente dès cette année. Donc en menaçant de fermer certaines lignes, Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, dit : c’est la faute du gouvernement. Qui a raison ?Derrière ce bras de fer, il y a deux questions. UN : qui doit financer les grands travaux, le client ou le contribuable ? Le gouvernement voudrait que cela soit un peu plus le client. Deux : depuis 15 ans, la stratégie de la SNCF est la hausse coûte que coûte du nombre de passagers TGV. On est peut-être au bout. Voilà les questions. Pour les réponses, il faudrait plus de trois minutes pour les apporter !**

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