Nicolas Sarkozy reçoit ce matin à l’Elysée le patronat et les syndicats pour le sommet social.

Oui, et ce qui est intéressant est la façon dont les syndicats et le patronat se positionnent dans la campagne présidentielle. Et elle est nouvelle. A ce sommet, on va parler chômage partiel, emploi. On entendra aussi les positions des uns et des autres sur la TVA sociale : la décision sera annoncée dans dix jours, avec une TVA qui augmentera de deux points maximum. Mais d’ores et déjà, on peut constater que les partenaires sociaux ne sont pas neutres sur la présidentielle. « Nous voulons un changement de président » répète Bernard Thibault, de la CGT, sans choisir entre Hollande et Mélenchon. Tandis que François Chérèque (CFDT) fait les yeux de velours à François Hollande – et inversement. Ils lisent les sondages mais surtout la polarisation autour de la personne de Nicolas Sarkozy, constatée tout au long du quinquennat, se retrouve là encore.

Les syndicats n’ont pas toujours appelé à voter à gauche ?

Pas du tout ! Jusqu’en 1986 pour la CFDT et 1993 pour la CGT, ils ont donné des quasi-consignes de vote – à gauche. Mais après, on a assisté à une dépolitisation progressive - qui a culminé en 2007. Comme à l’étranger. Si Gerhard Schröder a perdu face à Angela Merkel, c’est en partie parce que le DGB, principal syndicat allemand, est resté neutre. Pour revenir à la France de 2012, l’engagement syndical (explicite pour la CGT, implicite mais évident pour la CFDT) constitue un événement. C’est ce que confirment les spécialistes Jean-Marie Pernot et René Mouriaux.

Pourquoi ce quasi-bulletin de vote ? Les syndicats se vivent humiliés à cause des retraites, des 35 heures. Pour la CFDT, c’est sans surprise : les relations Chérèque-Sarkozy sont exécrables. La CGT, elle, est un peu ingrate parce qu’elle a été « draguée » par l’Elysée, généreux avec ses bastions quand les régimes de retraite de la SNCF ou d’EDF ont été réformés.

Et où se situe le patronat ?

Lui aussi affiche la couleur, mais c’est classique. « Rarement un président de la République aura eu une telle exigence et une telle implication en matière économique » , insiste Laurence Parisot, pour le Medef. De fait, beaucoup de sujets au cœur des préoccupations des entreprises depuis des dizaines d’années ont été évoquées : taxe professionnelle, baisse des charges, rupture conventionnelle, crédit d’impôt recherche.

Quelles conséquences de ces engagements ?

Pour Nicolas Sarkozy, le rejet des syndicats est dur à avaler mais il fera tout pour transformer ce rejet en incarnation du courage face aux conservatismes. Pour François Hollande, ce soutien syndical est à double tranchant. C’est une clarification, CFDT et CGT ou l’Unsa se veulent l’avant-garde du peuple de gauche. Mais cet investissement devra être payé de retour : des renvois d’ascenseurs seront exigés si le candidat socialiste était élu. Celui-ci, qui ne peut pas couper les ponts avec le patronat, a dîné une ou deux fois avec le club de l’Afep, la crème du CAC 40. Il paraît que cela s’est très bien passé.

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