Vous avez regardé l'enquête du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po. Et vous avez relevé une catégorie qui échappe à la défiance générale : les PME, les petites et moyennes entreprises. Est-ce surprenant ?

Non, parce que comme les maires des communes et tous les acteurs de terrain, les PME appartiennent à la sphère de la proximité. Qu'il s'agisse des artisans, des commerçants et des entreprises qui sont au bout de votre rue, à la périphérie de votre ville ou tout simplement celle où vous travaillez. En revanche , ce qui est surprenant, c'est l'ampleur de cette reconnaissance. 80 % des Français leur font confiance, à un poil des champions absolus que sont les hôpitaux et l'armée, et bien plus que toutes les autres catégories : l'école, la justice, les associations et les autres acteurs économiques. On tombe en dessous d'un Français sur deux confiant dans les grandes entreprises (privées et publiques), et en dessous d'un sur trois pour les banques et les syndicats (au même niveau !). Seuls les partis politiques et … les médias sont encore plus bas. Pour en finir avec les éléments d'information, notons que six Français sur dix estiment que l’État devrait faire davantage confiance et laisser plus de liberté aux entreprises. Ce résultat est intéressant parce que c'est la seule question de cette grande enquête où la majorité des Français a changé très clairement d'opinion ces dernières années.

Quelle conclusion en tirez-vous ?

Toute simple. Les Français aiment les PME, ne leur font pas de procès d'intention, sur l'emploi, les dividendes, les délocalisations, le salaire du patron ou on ne sait quoi encore. C'est donc un boulevard pour que François Hollande et le gouvernement prennent des mesures fortes pour les petites et moyennes entreprises. Et elles en priorité. Il ne risque rien à le faire. S'il avait, par exemple, transformé son crédit d'impôt compétitivité en baisse de cotisations sociales comme il s'y était engagé pour que cela soit plus simple, cela aurait le cas – les PME l'aurait mieux compris que les grands groupes. Sur l'apprentissage, sur les indemnités prud'homales, le chef de l’État doit penser aux PME. Et attention : pas seulement à celles du coin de la rue, de quelques dizaines de salariés, mais aussi de quelques centaines qui constitue la vraie force de frappe d'une économie locale et nationale.

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