On continue sur Notre-Dame-des-Landes (en prose !) : la décision prise est-elle raisonnable économiquement ?

Si elle laisse un arrière-goût amer à l’État de droit puisqu’il consacre au bout du compte la victoire à l’usure des zadistes, la décision d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe est politiquement raisonnable et surtout suprêmement habile. Mais sur le plan économique, c’est autre chose. Elle ne sera raisonnable -peut-on penser-, qu’à une seule condition : si elle n’entrave pas la vie et le développement économiques du Grand Ouest. Cela veut dire qu’à la seule condition que les aménagements à l’aéroport actuel et l’agrandissement soient réellement effectués pour permettre au trafic aérien d’évoluer comme tous les experts l’ont prévu – jusqu’à 6 millions de passagers en 2025 et 7 en 2030. En 2017, Nantes a vu passer 5,4 millions de passagers, ce qui semble beaucoup, mais ce qui est moins ou nettement moins qu’à Lyon, Marseille, et Bordeaux et même deux fois moins qu’à Toulouse. Et cela n’a rien à voir avec les 100 millions de passagers des aéroports parisiens. 

Or, il faut reconnaître qu’il y a un flou entretenu sur la capacité actuelle de Nantes-Atlantique (à quand la vraie saturation ?), dont les médiateurs disaient sobrement dans leur rapport de décembre, en note de bas de page en tout petit, qu’il « n’est pas sans générer quelques difficultés » -qu'en termes élégants ces choses-là sont dites, pour paraphraser Molière. Bref, quels travaux sont nécessaires pour quel trafic ? On ne sait pas vraiment.

Et une hypothèse ne peut être exclue, dites-vous

Oui, que soit lancé un aménagement d’aérogare et de parkings, mais jamais rien de plus, ce qui serait suffisant pour le trafic des cinq prochaines années, mais san doute pas plus. « Ce n'est pas vrai », entendra-t-on jurer la main sur le coeur. Mais si les aléas juridiques et techniques comme l’arrière-pensée « verte » conduisent à penser que c’est une façon de freiner le développement du trafic aérien au nom d’une nouvelle approche de l’économie et de la croissance, c’est un curieux raisonnement. 

Il n’y aucune raison de faire des Nantais des cobayes ; le vrai sujet dans ce cas est le prix ridiculement bas, partout, des billets d’avion en raison de la détaxe du kérosène. Mais il est planétaire. Bref, la question est : l’État abandonnera-t-il l’agrandissement comme il a abandonné (piteusement mais encore une fois logiquement) Notre-Dame-des-Landes ? Vous voyez, Nicolas, que d’un édito à l’autre, entre l’ami Thomas et moi, il y a diversité des points de vue et pas seulement de style sur cette antenne !

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