Les questions de logistique pèseront encore lourd dans la campagne de vaccination. En Allemagne, ce sont les Allemands qui vont au vaccin ; en France, c'est le vaccin qui va vers les Français. Dans le second cas, cela complique la logistique. Mais ce sera peut-être plus efficace ... dans un second temps.

La logistique de la campagne de vaccination anti-COVID encore compliquée en France
La logistique de la campagne de vaccination anti-COVID encore compliquée en France © Getty / Kathrin Ziegler

Avec l’élargissement des populations ciblées, ce sont désormais (et à partir d’aujourd’hui) 9 millions de Français qui peuvent être vaccinés : les résidents des EHPAD et leur personnel, les soignants de plus de 50 ans y compris les médecins de ville, les Français de plus de 75 ans et ceux qui ont des maladies graves.

Donc, 9 millions de vaccinables et, en face, pas assez de doses de vaccin, en tous cas à court terme : il y aura, c’est inévitable, de la frustration puisque l’objectif officiel est de 4 millions de vaccinés fin février et 7 millions fin mars. 

Pour distribuer ces vaccins, la France et l’Allemagne ont choisi deux stratégies différentes

En Allemagne, ce sont les Allemands qui vont vers le vaccin : il y a seulement 428 centres de vaccinations pour 82 millions d’habitants ; ici, c’est le vaccin qui va vers les Français : il y a déjà plus de 800 centres de vaccination, il y en aura à terme plus de 1.000 sans compter le circuit logistique vers les 7.000 EHPADs. 

C’est pour rassurer son opinion publique (nous) que le gouvernement français a choisi cette stratégie, tandis que les Allemands ont fait le choix de la facilité logistique – surtout avec un vaccin à -70° dans un premier temps. 

De ce point de vue, ce sera plus compliqué en France

Mais ce sera peut-être payant quand des vaccins plus commodes arriveront.

La logistique est de toute façon extrêmement complexe : à terme plus de 200.000 personnes seront impliquées dans l’opération.

L’Etat n’est pas naturellement un logisticien (c’est un métier très pointu auquel on ne rend pas assez hommage dans la vie courante), et il n’est pas scandaleux de faire appel à des cabinets de conseil qui savent ce qui se fait ailleurs dans le monde entier, comme McKinsey, Accenture ou JLL. 

Tout dépendra aussi des doses reçues

Pfizer a annoncé un retard de livraison cette semaine : ce devrait être 250.000 doses au lieu de 500.000 (La ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué sur CNews que . ce serait plutôt 140.000 mais si l'on tient compte aussi du point ci-dessous, la moitié apparaît possible, Ndlr)

Pfizer ne l’a pas communiqué, mais l’entreprise considère désormais qu’il y a six doses par flacon et non cinq – ce qui diminue quand même de 20% le nombre de flacons livrés et sans doute aussi le nombre de doses vraiment utilisables parce que les hôpitaux français ont souvent des aiguilles trop grosses. 

La demande mondiale est énorme, jamais une campagne n’a été aussi rapide, la pression est partout y compris dans ce studio : jamais je n’aurais pensé parler un jour de la taille des aiguilles de vaccination.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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