Des annulations de réservations sur la Côte d’Azur, des étrangers moins nombreux à Paris : l’attentat de Nice est-il celui de trop pour le tourisme en France ?

Promenade des Anglais après l'attentat du 14 juillet 2016
Promenade des Anglais après l'attentat du 14 juillet 2016 © Irina Kalashnikova

Pour le tourisme, le coup est rude, c’est indiscutable. Mais pour la croissance, globalement, les effets devraient rester limités. Je m’explique.

Pour le tourisme évidemment, c’est assez terrible. La Côte d’Azur, c’est la deuxième destination après Paris. Le tourisme y représente 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près de 10% des emplois. La moitié des visiteurs sont étrangers et, on l’a vu avec l’exemple de Paris après le Bataclan, beaucoup ne viendront pas ou ne reviendront pas dans cette région. Et les professionnels redoutent que cela dure, en raison de l’effet répétition des attentats. Alerte donc pour la destination France dans son ensemble. Car le tourisme c’est qd même 6,5% du PIB français, ça compte.

Mais au-delà, sur l’activité en général, il faut rester très prudent. On a, malheureusement, un peu d’expérience en matière d’attentat. Or, qu’a-t-on vu les fois précédentes ? Et bien pas grand-chose. On a certes observé une baisse de la consommation, mais c’est resté limité, et surtout, ça n’a pas duré. La croissance du premier trimestre 2015, au moment de Charlie Hebdo, a été l'une des meilleures depuis longtemps. Et après le Bataclan, la perte de croissance liée aux attentats n’a été que de 0,1% selon l’Insee. Avec, en plus, un effet report de consommation sur le trimestre suivant qui a été très bon. Donc, pas de panique. L’économie devrait résister.

Après le Brexit, ça commence tout de même à faire beaucoup ? En fait le problème se situe plus de ce côté-là, pour les économistes. L’attentat de Nice survient dans un contexte fragilisé, où la reprise donnait déjà des signes de faiblesse. Et le problème du Brexit, qui va durer très longtemps, c’est qu’il risque de générer de l’attentisme dans les choix d’investissements en Europe. La répétition des attentats n’arrange rien, c’est certain.

Il y a un dernier effet plus difficile à mesurer, lié aux dépenses publiques. Le gouvernement n’a de cesse, et c’est bien logique, d’augmenter le budget de la police, de la justice, de l’armée pour renforcer la sécurité. Il faut bien le financer. Alors, que ce soit par de la dette ou des impôts qui restent élevés, cela pénalise l’activité économique, car toutes ces dépenses, on aurait pu les consacrer à bien d’autres choses. Et dans un pays où la dépense publique atteint le niveau record de 57% du PIB, ce n’est évidemment pas neutre.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.