Changement de ministre de la Transition écologique : Elisabeth Borne a-t-elle plus de chances de réussir que ses prédécesseurs ?

Elisabeth Borne
Elisabeth Borne © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Elle a plus de chances et heureusement, car la transition écologique sera la prochaine révolution économique. 

Plus de chances de réussir, parce que les esprits ont beaucoup évolué depuis le choc du départ de Nicolas Hulot, annoncé ici même il y a onze mois. La jeunesse a exprimé haut et fort son envie de bouger, et pas seulement la jeune Suédoise Greta Thunberg. 

Les investisseurs, les entreprises, les élus locaux, les industriels de l’énergie et de l’automobile : beaucoup de ces acteurs savent désormais qu’il va falloir changer. 

Même Emmanuel Macron, qui n’était pas très sensible à la cause environnementale, semble prendre la mesure du défi, peut-être pas seulement pour des raisons politiques.

Mais la ministre n’est pas une écologiste…

Il n’y a pas besoin d’être écologiste pour réussir au ministère de l’écologie, de même qu’on peut être un bon ministre de l’agriculture sans être agriculteur, ou un bon ministre des armées sans être militaire. Si j’étais provocateur, j’irais jusqu’à dire qu’il vaut mieux ne pas avoir d’œillères, même coloriées en vert, pour faire avancer la cause environnementale.

Quels sont les atouts d’Elisabeth Borne ? 

D’abord, elle connaît bien le sujet, puisqu’elle a dirigé le cabinet de Ségolène Royal quand elle avait ce portefeuille. Contrairement à Hulot, elle connaît aussi la mécanique compliquée de la décision politique et administrative. 

Et puis elle est ingénieure de formation, elle a eu des expériences très variées, elle a beaucoup travaillé sur la question du transport qui est importante pour la transition énergétique : elle devrait donc être capable d’avoir une vision large, indispensable pour ce ministère. 

Enfin, elle a du caractère, et aussi son franc-parler. 

Nous l’avons expérimenté aux Echos : l’an dernier, elle avait accordé une interview à mon confrère Lionel Steinman où elle donnait des précisions sur le plan stratégique de la SNCF, entreprise qu’elle connaît bien pour y avoir travaillé. Matignon avait réécrit l’interview en supprimant ces informations, et nous avions alors décidé de ne pas publier l’interview. 

Apparemment, Edouard Philippe a appris depuis à lui faire confiance.

La transition écologique est donc bien partie ? Pas si vite ! Elisabeth Borne est sans doute mieux armée que ceux qui l’ont précédée, mais elle  affronte le plus grand défi économique du pays depuis sa reconstruction après-guerre.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.