Vous revenez sur une phrase prononcée par François Hollande, dimanche : au cours de ma première année, j’ai davantage réformé que mes prédécesseurs.

Disons-le, François Hollande n’a pas innové, tous avant lui ont martialement dit la même chose après un an à l’Elysée : je ne me tourne pas les pouces comme tous les incapables qui m’ont précédés. Sur le fond, comment savoir si c'est vrai ? Il ne suffit pas de compter les textes et les milliards, l’exercice est plus subtil, les réformes ne se pèsent pas au kilo, il y a celles qui resteront et celles qui seront oubliées ! Cela dit, quelle que soit la balance, François Hollande s’est un peu vanté. Sa première année a été plus riche que celles de Giscard et Chirac, mais moins que celles de De Gaulle, Mitterrand et Sarkozy.

Au Bac, on vous dirait : démontrez !

Le bilan de De Gaulle est le plus révolutionnaire. En 1959, un an après son retour, il a appliqué le plan Rueff (dévaluation, création du franc lourd, ouverture des frontières), a inventé l’indemnisation du chômage et remonté la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans. Pour Giscard, c’est plus léger. En 1975, il a affronté le choc pétrolier, mais ses vraies réformes sont l’IVG et l’âge de la majorité. La première année de Mitterrand, en revanche, marque l'histoire : dévaluation, retraite à 60 ans, 39 heures, 5ème semaine de congés, lois Auroux sur le code du travail, impôt sur la fortune, nationalisations. Des sujets toujours polémiques aujourd’hui ! Jacques Chirac en 1996 a surtout fait un tournant surprise sur la rigueur avec une hausse de la TVA.

Puis Nicolas Sarkozy...

Un an après son élection, il a mis en place le bouclier fiscal et les heures sup défiscalisées, la durée de cotisation des régimes spéciaux de retraite est allongée, la rupture amiable du contrat de travail, l’auto-entrepreneur, la représentativité syndicale, la diminution systématique du nombre de fonctionnaires sur deux, le service minimum dans les transports, le Grenelle de l’environnement, la réforme des universités, la fusion ANPE-Assedic et la suppression de tribunaux.

Enfin, François Hollande...

Depuis un an, en économie, François Hollande a mis en place le crédit d’impôt compétitivité, avalisé l’accord sur la flexisécurité du patronat et des syndicats, annoncé l’embauche de 60.000 enseignants. La banque publique d’investissement est créée et les impôts ont été massivement relevés pour réduire le déficit. Il a encadré les loyers, lancé la taxe à 75%, les contrats de génération et les emplois d’avenir.

Ça, ce sont les listes. Qu’est-ce qui distingue François Hollande et Nicolas Sarkozy ?

Chacun pense ce qu’il veut du fond de ces réformes mais il y a plus de choses chez Sarkozy, c’est aussi plus marketing. Avec les réformes Hollande, le CICE, la BPI, l’ANI (accord sur l’emploi), difficile de rêver ! En revanche, on doute de la réalité de certaines réformes de Sarkozy. En fait, la grosse différence est que lui a eu un an pour agir avant la crise et qu’Hollande est tombé dedans tout de suite. Mais le vrai problème du président actuel est qu’il nous dit que tout ou presque - avec les retraites - est sur la table au bout d’un an. Et cela, c’est ce qui paraît le plus invraisemblable.

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