L'économie française se redresse nettement, tout en restant encore très en dessous de sa normalité. Le plus spectaculaire et le moins vu est que le revenu des ménages n'a quasiment pas baissé pendant le confinement. L'Etat a tout pris sur ses épaules.

Economie, le pire est passé, le meilleur est encore loin : c'est le sentiment qui se dégage à la lecture de la note de conjoncture publiée par l'Insee mercredi.  C'est écrit noir sur blanc : "la reprise est très nette depuis la mi-mai". L’économie tournait à 61% de la normale en avril, en plein confinement, à 78% en mai et elle tourne à 88% en ce moment. 

Cela remonte : la consommation s’approche de son niveau habituel. Ce qui reste mou, ce sont la construction, les hôtels-cafés restaurants, les transports et un peu l’industrie. Donc, il y a une reprise, mais on est encore loin du niveau habituel : souvenons-nous qu’en temps ordinaire une récession de 1% est un drame politique, eh bien en ce moment c’est – 12%. 

La question est de savoir où en sera l’accélération en juillet : si elle continue, on parlera d’une reprise non pas en V, mais en V tordu, avec une pente plus longue que l’autre. 

Mais il y a une autre donnée intéressante dans ce que révèle l’Insee. En avril, le revenu disponible des ménages n’a baissé que de 2,7%. C’est extraordinairement peu avec une économie en pause, des millions de gens sans travail, des magasins et des usines fermés etc. 

L’Etat (avec ses aides) a absorbé le choc, a pris la paume si vous voulez. Les entrepreneurs individuels ont certes perdu 25% de revenus, les précaires ont eu des difficultés mais l’immense majorité des Français n’ont rien perdu ou presque. Cela explique évidemment pourquoi la consommation repart vite et pourquoi le taux d’épargne est énorme. Evidemment aussi, il y a un moment où il faut sortir de l’anesthésie.

Et cela pose des questions de politique économique.

1- La 1ère : le gouvernement a mis en place des plans pour auto, aérien etc. mais il parle d’un plan global de relance pour l’automne. Pourquoi l’automne ? Est-ce pour se donner le temps de voir ou n’est-ce pas plutôt parce que cela s’inscrit dans le calendrier politique d’un Acte III pour Emmanuel Macon après un remaniement ? 

2- La 2ème : quels secteurs ne retrouveront jamais leur activité d’avant ? L’aérien à cause de frontières fermées, la restauration collective à cause du télétravail en entreprise, des petits commerces à cause de ventes de plus en plus en ligne ? 

3- La 3ème : pendant trois mois et encore aujourd’hui, l’économie a fonctionné comme le Parti communiste et la France Insoumise la rêvent, avec des dépenses publiques représentant cette année 63% du PIB, jusqu’à quand peut-on dépenser des centaines de milliards d’euros sans compter ? 

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