« Les chiffres sont faux ! », je vous sens tout perdu…

Vous avez devant vous, Patrick, un homme désespéré - bon je plaisante. Mais qu’est-ce que l’économie ? Ce sont des idées -un peu- et des chiffres, des statistiques, des données, de croissance, de chômage, de bénéfices, en hausse, en baisse etc. Or, qu’apprend-on par la bouche contrite et penaude de l’Insee ? Qu’un certain nombre d’informations publiques sur la situation de la France sont fausses. Exemples : la croissance de 2014 a été revue hier en hausse, elle a été multipliée par trois par rapport à ce qu’on savait, à plus de 0,6% ; celle de 2015 est un chouïa au-dessus des attentes ; le pouvoir d’achat est moins bon que prévu, mais le taux de marge des entreprises meilleur. Bref, des révisions conséquentes. On sait qu’il faut se méfier des chiffres d’une manière générale : quand on décompte le nombre de manifestants par exemple, entre ceux de la police et des syndicats, il y a la largeur de l’Atlantique. Mais cela surprend davantage de l’Insee.

L’Institut de la statistique est devenu mauvais ? François Hollande ne lui reprochera pas de dire que cela allait mieux depuis deux ans et qu’on l’ignorait. Mais non, l’Insee n’est pas nul, c’est qu’établir les grandes données économiques d’un pays comme la France est effroyablement difficile. Les informations remontant des entreprises, des ménages, des administrations s’affinent progressivement au fil des ans. Il faut quatre ans pour caler définitivement les choses. Mais là, il faut reconnaître que les corrections sont importantes. Ou plutôt, elles paraissent importantes parce que la situation économique est tellement fragile qu’on se bat pour un dixième de point, une virgule. La première leçon est que cela irait mieux si on avait une croissance plus forte, comme beaucoup d’autres grands pays. On regarderait moins les détails. La deuxième leçon est qu’il faut arrêter de se doper aux chiffres quotidiens, hebdomadaires, bref immédiats et regarder les grandes données.Par exemple ?On en parle tous les jours du PIB, mais à combien s’élève-t-il vraiment ? Thomas, Charline ? – Patrick lui, sait, il a le chiffre sous les yeux et il sait tout : presque 2.200 milliards d’euros. Mais autre élément bien plus intéressant, le seul au fond à retenir de cet édito : aujourd’hui, le PIB par habitant a à peine retrouvé son niveau d’avant la crise de 2008.

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