Le commentaire de Dominique Seux, toujours sur le gouvernement, mais sur le pôle économique et social.

Un pôle incarné par trois ministres, Muriel Pénicaud au Travail, Bruno Le Maire pour l’économie, et Gérald Darmanin chargé de l’Action et des Comptes Publics - en clair le Budget et la Réforme de l’État en plus cool. Il y a donc deux ministres de droite à Bercy, deux politiques qui ne sont pas (pas encore) des spécialistes du sujet. Ce choix de mettre les deux seuls ministres LR au même endroit est intriguant. Comme si le président disait en fait : pendant la primaire de la droite, vos candidats ont fait un concours de beauté pour savoir qui serait le plus sérieux sur le plan financier, eh bien maintenant montrez-nous ce que vous savez faire. Je vous confie le coffre-fort, on verra si vous ne vous tombez pas dedans ! Un clin d’oeil, quoi. Au Travail, Muriel Pénicaud a un profil différent. Ancienne DRH de Danone, elle a aussi travaillé avec Martine Aubry et récemment s’occupait de la structure qui « vend » la France aux investisseurs internationaux. Et du coup entend leurs récriminations, par exemple sur le droit du travail. Elle connaît l’entreprise. Bref, tout cela se situe entre le libéralisme et la gauche sociale-libérale.

Et dans quel sens cela va-t-il peser sur la ligne économique ?

Il ne faut pas se tromper sur le sens de tout cela et se montrer marxiste : le patron, c’est Macron, tous lui doivent leur poste, le côté people ne doit pas être exagéré, et la question est de savoir si le président et le premier ministre Edouard Philippe ont « dealé » des inflexions au projet présidentiel. Bruno Le Maire apporte bien sûr sa vraie compétence franco-allemande, décidément au coeur de tout (à l’Elysée, au Quai d’Orsay, à la Défense) : l'euro c'est Bruno. Pour le reste il avait promis de baisser la CSG, eh bien il l’augmentera un peu. C’est l’Elysée aussi qui sans doute tranchera les éventuelles tensions sur le nucléaire entre Nicolas Hulot (écologie) et Le Maire (en charge aussi de l’industrie). Dernier point, ce casting a un petit aspect déroutant : on imagine mal Jean-Yves Le Drian, hyper-galonné et bientôt 70 ans venir défendre son budget comme un petit garçon devant Gérald Darmanin, comme on imagine mal encore ce dernier imposer une réforme de l’État aux syndicats de la Fonction publique. Mais c’est qu’on a pas d’imagination ou que l’on est vraiment old school.

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