Le gouvernement accélère sur son plan hôpital. Les infirmières devraient être les gagnantes de la revalorisation promise. Pourquoi l'hôpital souffre-t-il en France malgré un niveau élevé de dépenses ? Les réponses.

C’est manifeste depuis 48 heures, le gouvernement accélère sur son nouveau plan pour l’hôpital, a une priorité cette fois : la revalorisation des salaires. A l’automne, vous vous en souvenez, il avait présenté un plan dont la mesure phare était l’annulation d’une partie de la dette des hôpitaux. A la fin des fins, cela devait ruisseler sur les salaires, mais personne n’avait rien compris. Bref, cela avait fait un bide. 

Hier Olivier Véran a fait de grosses ouvertures dans le JDD et vendredi, Emmanuel Macron a rencontré à la Pitié Salpêtrière, à Paris, la coordination inter-hospitalière. Pour l’anecdote, juste avant la rencontre, le Dr Anne Gervais, l’une des figures de la coordination avec le Dr François Salachas, avait indiqué par mail à ses troupes qu’elle allait essayer de se débarrasser de l’administration pendant le rendez-vous. Je ne sais pas si elle a réussi ! 

Il devient quasi-certain que les infirmières et infirmiers obtiendront une revalorisation proche de 300 euros par mois puisque l’objectif officiel est désormais de ramener leurs rémunérations dans la moyenne européenne. Ces rémunérations sont nettement en dessous de cette moyenne. Olivier Véran évoque également une remise en cause des 35 heures à l’hôpital, les oreilles de Martine Aubry vont siffler dans les semaines qui viennent. 

On ne sait pas (moi je ne sais pas) comment le gouvernement compte s’y prendre, mais la logique serait, pendant cette crise sanitaire incroyable du coronavirus, de régler définitivement, immédiatement et totalement, l’énorme stock des RTT et des heures supplémentaires dues à l’ensemble des soignants.

Reste une énigme.

Pourquoi l’hôpital souffre-t-il autant ? 

- On sait que la France consacre la même proportion de son PIB à la santé que l'Allemagne, à la virgule près (11,2%), et que nos deux pays sont dans le haut de la fourchette. 

- On sait que depuis dix ans le budget des hôpitaux n’a pas baissé, il n’a pas stagné, il a grimpé de 16 milliards d’euros (200_-2018, derniers chiffres disponibles). 

Mais :  

- Il y a que l’Allemagne est plus riche : par habitant, son enveloppe santé est 20% plus élevée (5.000 dollars en parité de pouvoir d'achat, contre 6.000 dollars). 

- Il y a que le système hospitalier allemand est plus décentralisé, plus souple, plus privé aussi. 

- Il y a enfin qu’au sein du budget global de santé, ce sont les enveloppes de la médecine de ville, des transports sanitaires, des indemnités pour arrêts maladie et des soins dans les Ehpad qui progressent le plus : 38% en dix ans pour tout cela, contre 20% pour l’hôpital. 

Oui, l’hôpital a été relativement appauvri parce que jusqu’à maintenant il se laissait faire. 

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