Le 50ème congrès de la CGT s'ouvre à Toulouse. Pour vous, la CGT a besoin de ce que le Vatican a montré la semaine dernière : de la fumée blanche et du mouvement !

Oui, je ne vais pas pousser le parallèle plus loin, parce qu’il ferait sursauter du côté de la CGT comme des catholiques. De plus, ce congrès n'est pas comme le conclave, on connaît le successeur de Bernard Thibault : le nouveau patron, le nouveau pape, c'est Thierry Lepaon. Mais il est certain que la CGT a besoin, dans les deux sens du terme, d'une nouvelle direction et de mouvement. Parce qu'elle est désorientée et qu’on ne sait plus où elle est. La CGT, est-ce Aulnay et Goodyear, avec la violence et le refus de négocier, ou est-ce la CGT de PSA à Rennes, qui négocie ou de Plastic Omnium, qui allonge le temps de travail ? La CGT a appelé à voter contre Nicolas Sarkozy, fait inédit, mais elle regrette le choix de Hollande. On s’y perd. Il n'y a pas une CGT, mais des CGT.

L'événement, c'est le départ de Bernard Thibault...

Départ après 14 ans. Quatorze ans, c'est long, deux septennats, presque trois quinquennats, trois présidents de la République. Quel est son bilan ? La CGT est le premier syndicat, en voix, c'est indiscutable, elle le reste. Mais il faut reconnaître que la promesse de réformisme, de changement, de Bernard Thibault quand il est arrivé, cette promesse n'a pas été tenue. La CGT n'a pas fait sa mue. Au plan national en tous cas, elle est restée dans le contre, elle n'a quasiment pas signé d'accords. Les CGTologues notent des inflexions, des glissements, mais il faut une loupe. La raison ? L'appareil est entre les mains d'anciens du PC, d'ex trotskistes, qui ont la cinquantaine. La CGT entretient les mêmes relations ambiguës avec le Front de gauche aujourd'hui qu'avec le PC hier. Au fond, quelle société veut la CGT ?

Au fond aussi, Bernard Thibault lui-même reste un mystère…

Oui, après 14 ans, c'est bizarre, mais c'est vrai. Il s'est mis constamment au centre, mais au centre de la CGT. Il s'est fait imposer le "non" au référendum européen en 2005, il s'est fait contrer quand il a voulu choisir son successeur il y a quelques mois. Que veut-il, à quoi rêve-t-il, quelle trace laisse-t-il ? Voilà les questions… En revanche, il a révélé une vraie habileté tactique quand il a roulé dans la farine Nicolas Sarkozy sur les régimes spéciaux de retraite, en obtenant des compensations énormes. Au total, il n'a pas témoigné la poigne que sa carrure physique promettait !

C'est donc Thierry Lepaon qui lui succède.

Et qui promet de rassembler et de moderniser, ce qui ne mange pas de pain. On verra aux actes. Mais ce qui est intéressant dans cette période qui s'ouvre est que la CGT devra de toute façon changer. La réforme des règles de la représentativité, mise en place par... Sarkozy, la remet au centre du jeu et élimine les syndicats plus petits. La CGT aura donc le pouvoir de tout bloquer en restant sur la posture du mister No ou le devoir de bouger. Le début de la réponse, c'est la fumée blanche, noire, ou rouge, que l'on attend de Toulouse.

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