circulation alternée à paris jusqu'à lundi minuit
circulation alternée à paris jusqu'à lundi minuit © reuters

La première, au lendemain de la mise en œuvre à Paris de la première circulation alternée depuis dix-sept ans, (la première question) est simple : faut-il agir en priorité sur le diesel pour que ces pics ne se reproduisent pas ? Et la réponse semble tomber sous le sens. Oui, bien sûr, il faut décourager l’achat de voitures diesel qui émettent ces particules fines si dangereuses pour la santé. Quitte à bousculer les constructeurs français, comme PSA, grands spécialistes inconscients du moteur diesel. Et, entend-on aussi, la réduction de l’écart de taxation entre essence et gazole est le levier pour agir. Disons-le : la réalité est plus complexe. Et pas seulement parce que l’automobile n’est qu’une des sources de la pollution. En fait, le levier fiscal ne changerait rien à court terme ; il est bien possible que le diesel devienne vite, de toutes façons, de l’histoire ancienne.Pourquoi cela ? La quasi-totalité du problème du diesel concerne les véhicules anciens sans les filtres à particules obligatoires depuis 2011. Cela fait encore 14 millions de voitures, mais chaque jour, des vieilles voitures partent à la casse, des nouvelles plus propres sont achetées. En tout état de cause, un prix unique des carburants ne changerait presque rien pour ce « parc » de voitures anciennes. Par ailleurs et surtout, à partir de septembre, la norme européenne Euro 6 obligera les voitures diesel neuves à être aussi propres que les véhicules essence pour les émissions d’oxyde d’azote. A l’achat, un véhicule coûtera du coup jusqu’à un millier d’euros plus cher. Chez PSA, on a calculé que 80% des petites voitures dites citadines vendues à partir de cette date seront des essences. Et ce sera encore plus vrai dans trois ans avec la norme durcie euro 6.2.L’autre question, on se la pose souvent aussi : pourquoi les voitures électriques ne marchent-elles pas ? C’est vrai : pics de pollution, prix des carburants élevé, probabilité forte que des mesures draconiennes soient prises comme la circulation alternée hier, (avec tout cela) la tentation devrait être forte de se diriger vers l’électrique. Les constructeurs ont d’ailleurs fait beaucoup de « pub » depuis deux jours. Et pourtant, on est très loin des prévisions optimistes de Carlos Ghosn, le patron de Renault, d’il y a quelques années. L’an dernier, il s’est acheté 8.800 voitures électriques. Et en janvier février de cette année, les ventes ont même reculé, à 820 unités seulement ! A titre de comparaison, il s’est écoulé 268.000 voitures en concessions. Bref, ça ne décolle pas ! Pourquoi ? D’abord, l’électrique, c’est cher : 14.000 euros pour une Zoé, le double pour une BMW I3. Ensuite, le réseau de branchement reste minimaliste, ce qui donne une autonomie très faible.Conclusion ? Tant que le parc ancien et polluant existe, il n’y aura pas d’autre solution que les solutions coercitives comme les circulations alternées ou les péages. Même si c’est idiot puisque véhicules dangereux ou non sont sanctionnés. A condition de ne pas intervenir quatre jours trop tard !

► ► ► POUR ALLER + LOIN> La circulation alternée, ça a marché> L'édito de Nathalie Schuck

> L'édito de Thomas Legrand

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