Emmanuel Macron doit arbitrer les modalités du tour de vis sanitaire qui sera appliqué à l'Ile-de-France et aux Hauts-de-France. L'hypothèse d'un confinement le week-end couplé avec le couvre-feu à 18 heures fait courir un risque d'isolement certain à ceux qui télétravaillent toute la journée.

Un confinement est sur la table pour l’Ile-de-France et les Hauts-de-France, confinement qui en Ile-de-France pourrait concerner le week-end sans la semaine ou le week-end et la semaine à moins qu’on découvre tout autre chose. Cela a été discuté toute la nuit : on verra. 

Mais comme ceci est un éditorial, on veut ce matin s’inquiéter des effets délétères de tout cela pour toute une catégorie de personnes : les télétravailleurs en milieu urbain, et en premier lieu les personnes seules – mais pas seulement. Précisons : c’est le cumul d’un couvre-feu à 18 heures en semaine et d’une quasi-interdiction de sortir le week-end qui inquiète. 

Le grand risque est l’isolement. Une personne qui télétravaille quatre jours sur cinq de 8 heures 30 à 18 heures, qui peut à peine sortir ensuite, ni le soir, ni en fin de semaine, (cette personne) voit son horizon relationnel « physique » singulièrement se fermer. 

Non seulement il n’y a plus de loisirs, mais il n’y a plus de liens sociaux. L’on entend souvent dans la bouche des gens concernés que le couvre-feu est pire que le confinement. Ceux qui décident et ceux qui commentent ne le vivent pas comme cela : nous sommes des privilégiés. 

Alors, c’est vrai, on a déjà vécu les confinements 1 et 2. Oui, sauf que l’usure est réelle et les jours rallongent. 

Alors, les télétravailleurs sont moins à plaindre que ceux qui prennent des risques en usine, en magasin, dans les transports et l’isolement concerne tout autant les personnes âgées chez elles. C’est vrai, mais c’est de fatigue psychique croissante des plus jeunes dont on parle ici. 

Alors, quelles autres solutions puisque la situation exige évidemment un tour de vis ? C’est le sujet des modalités : les cas de sortie en plein air où le risque est très faible, ou encore l’heure du couvre-feu. 

Alors enfin, est-ce un sujet économique ? Eh bien oui la vie n’est pas seulement une vie de travail !

Et puis il y a autre chose.

Au conseil de Défense d’hier paraît-il, Emmanuel Macron a interpellé Olivier Véran sur l’insuffisante hausse du nombre de lits de réanimation et la lenteur de la vaccination (l’Ile-de-France est de fait la moins servie). C’est vrai : nous sommes en guerre, mais jusqu’au 6 mars la vaccination s’arrêtait le vendredi soir pour le week-end ! Hallucinant. 

De ces ratés, l’Elysée n’est pas moins responsable que la Santé et ces questions méritent une réponse plus précise que ce que l’on a eu jusqu’à maintenant. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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