La dernière note de conjoncture de l’Insee dresse un panorama peu réjouissant de la situation économique en cette fin d'année. Mais si on creuse un peu, il y a quelques motifs d'espérer.

Cette note de l'Insee, je vous la résume en deux phrases et un chiffre : l’économie française devrait reculer de 4,5% entre l’été dernier, le troisième trimestre, et la fin de l’année dans laquelle nous sommes, le quatrième trimestre. C’est l’estimation si le confinement continue jusqu’à la mi-décembre et il n’y a bien sûr pas de quoi sauter au plafond d’enthousiasme. 

Voilà. Je m’arrête là pour les mauvaises nouvelles parce que j’ai décidé de parler des bonnes nouvelles que raconte l’Insee, et seulement des bonnes nouvelles. 

Lesquelles ? 

  • La première est que l’économie, après la récession du printemps, est repartie vraiment vite, 18% - on n’en a pas assez parlé. 
  • La deuxième est que certaines entreprises, qui s’étaient arrêtées pendant le premier confinement, tournent très bien actuellement. Qui l’eût cru ? Un quart des entreprises du bâtiment ne trouvent pas la main d’œuvre dont elles ont besoin. 
  • La troisième bonne nouvelle est que toute l’économie, cet automne, s’est adaptée à la nouvelle donne. Les protocoles sanitaires renforcées sont appliqués, des commerces se sont mis au clic and collecte et les ventes à distance (le e-commerce) ont bondi : 60% depuis un mois (Léa Salamé va en parler avec son invité). 

Quoi encore ?

  • Le télétravail fonctionne, au point que seul un patron sur dix estime que la productivité de ses salariés en télétravail a baissé. 
  • Dernier point étonnant, l’Insee relève que la presse fait preuve en ce moment d’un pessimisme modéré – à partir je le précise des articles des Echos. 

Il y a d’autres points positifs. Oui. Jérôme Salomon, hier soir à 19 heures pétantes, a souri. Le directeur général de la santé, qui n’a jamais fait preuve d’un optimisme échevelé, a commencé son point sanitaire en disant que cela va mieux sur le front épidémique. Tout en rappelant que le tableau est rude. 

Mais enfin, si on pense aux vaccins, on peut espérer que le moral économique remonte

Et puis enfin, voici l’essentiel, le plus important, le plus fondamental, ceci : la France, comme tous les Etats européens, arrivent à financer les immenses dépenses publiques nécessaires pour atténuer la dépression économique. Il n’y a pas, comme entre 2010 et 2012, de crise financière, de spéculation, de pays comme la Grèce qui se retrouvent à sec. Grâce à la Banque centrale européenne. 

C’est une bonne nouvelle, mais c'est un vaccin dont on ne connaît pas les effets secondaires.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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