Ce matin, le ministre de l’Economie et des Finances accorde une longue interview à votre journal, Les Echos . Une interview intéressante ?

Je ne vous dirais pas le contraire ! Plus sérieusement, Pierre Moscovici veut donner une cohérence à une politique économique, fiscale qui n’est pas très lisible. Son poste n’est pas facile. Il est sur beaucoup de fronts : hier, c’est lui qui présentait la Banque publique d’investissement ; quand il nous a reçus mardi à déjeuner, Philipe Varin, le patron de PSA Peugeot Citroën, sortait de son bureau ; il fait avancer la supervision bancaire en Europe ; il était ce week-end à Tokyo pour les réunions FMI-Banque mondiale. C’est beaucoup, mais ce ne sont pas des sujets sexy et concrets comme les impôts ou les plans sociaux. Lui n’est pas non plus une grande gueule comme Arnaud Montebourg ou Jérôme Cahuzac. C’est un calme et l’époque médiatique est plus à la transgression qu’à la discrétion.

Quel est le message de Pierre Moscovici ?

Il concerne d’abord la polémique avec le patronat. Et c’est : on se calme, cessez le feu. En gros, il dit à Laurence Parisot, du Medef, nous avons bougé sur les plus-values des entreprises, vous aussi stop ! Il faut savoir atterrir, ma porte est ouverte, je suis le ministre pro-entreprise du gouvernement. Il n’y a pas, poursuit-il, de racisme anti-entreprise ; vous patronat, ne faites pas alors de procès systématique au gouvernement. En réalité, à l’oral, Pierre Moscovici avait été plus incisif, mettant en garde contre un racisme anti-gouvernement quand ce gouvernement est de gauche. Au passage, il en profite pour se dire « fier » des grands groupes du CAC 40. Message transmis à son voisin de l’étage d’en dessous à Bercy, Arnaud Montebourg.

Mais aussi et surtout, il parle des réformes à venir…

Exactement. Une des grandes questions posées à François Hollande, c’est : il y a des hausses d’impôts, il y a la baisse du déficit public, mais après ? Que se passe-t-il après ? Pierre Moscovici répond : croyez-moi, il y aura des réformes structurelles (comme on dit) ; elles sont nécessaires ; s’il n’y en avait pas, dit-il, cela ne nous serait pas pardonné. Et vous ne serez, ajoute-t-il, pas déçus. Elles seront faites à la façon social-démocrate mais elles seront faites.

Bon, mais plus concrètement ?

Pierre Moscovici annonce une baisse des cotisations sociales étalée sur cinq ans, qu’il souhaite concentrée sur les bas salaires ; au gouvernement, d’autres les veulent sur les salaires plus élevés. Mais il parle aussi du marché du travail en parlant de souplesse et de prévisibilité pour les entreprises, à côté de la sécurité pour les salariés. Enfin, voilà que ressurgit aussi une réforme des professions règlementées, les pharmaciens, les notaires, les dentistes, les taxis ! Cela ne vous rappelle rien ? Le rapport Attali, auquel le ministre rend d’ailleurs hommage.

Conclusion ?

Pierre Moscovici entend prendre la main sur les grands choix de politique économique, sur des réformes, en être le garant. Bon, on s’étonnera que rien ne soit dit sur la réforme de la sphère publique. Cela étant, si tout cela n’est pas seulement un contre-feu, on dit au ministre : Ya plus qu’à !

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