C’est aujourd’hui qu’on saura si les ministres européens finalisent l’accord commercial Europe-Canada.

C’est un moment clé parce le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada est négocié depuis plus de cinq ans, que la quasi-totalité des pays européens le réclament, mais que ses opposants veulent avoir sa mort après la mort du Tafta, le grand traité avec les Etats-Unis. Le consensus des vingt-huit gouvernements européens n’est pas à prendre à la légère : ils estiment que ce traité, le CETA, est globalement favorable à la croissance, parce qu’il est équilibré entre les concessions des deux côtés de l’Atlantique. Globalement : le mot est important, parce que l’on peut évidemment trouver telle ou telle activité qui en souffrira. Par définition, ce type de traité porte des sujets très divers. Ceux dont on parle le plus, ce sont les marchés publics, la viande, les fromages, le tribunal arbitral. Mais il y a beaucoup d’autres points. L’idée est de faciliter les échanges sur les produits où chaque pays est le plus fort pour avoir des prix plus attractifs pour ses consommateurs.

Beaucoup d’ONG sont vent debout contre le texte.

Elles reflètent la méfiance qui est là depuis longtemps contre le libre-échange et la mondialisation. Sur tel ou tel point, il ne fait guère de doute que les négociateurs sont influencés par tel ou tel lobby et c’est pour cela que la vigilance technique s’impose. Mais, sans rentrer sur le fond de l’accord, trois remarques peuvent être faites. Un : dans l’histoire, le libre-échange a quand même porté la croissance. Après la Guerre, celle de l’Europe et des Etats-Unis ; après la chute du Mur, celle de l’Europe de l’Est ; depuis vingt ans, celle des pays émergents. Le dernier accord, entre l’Europe et la Corée, a été positif. On n’entend jamais les gagnants, toujours les perdants. Deux : le rapport de forces s’est inversé. Autrefois, les technocrates avaient tout le pouvoir. Aujourd’hui, ce sont les opposants qui maîtrisent la communication et les réseaux sociaux. Les institutions ne sont pas de taille.

Et trois ?

C’est une région de 4 millions d’habitants, la Wallonie, qui peut bloquer le processus qui en concerne 500 et, quel que soit le résultat, un mal est fait : une des rares compétences de l’Union, le commerce, repasse dans les mains des Etats ou même d’une fraction d’État.

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