Franck Riboud, patron emblématique de Danone, en quitte la présidence aujourd’hui.

Danone cherche aussi depuis dix ans à réduire son empreinte carbone et développe des projets sociaux.
Danone cherche aussi depuis dix ans à réduire son empreinte carbone et développe des projets sociaux. © AFP / Yuri KADOBNOV

Si l’on en parle, c’est que c’est une figure du patronat français qui prend sa quasi-retraite - jeune, à 61 ans, sans s’accrocher. Il a été à la tête de Danone pendant vingt ans, comme son père, Antoine Riboud, l’avait été pendant … trente ans ! Et comme les Peugeot sont associés à PSA, de même que les Mulliez incarnent Auchan ou Décathlon, quand on pensait Danone, on pensait Riboud. A la différence près que la famille ne contrôlait absolument pas le capital. C’est la 1ère originalité. 

C’est Emmanuel Faber, le DG, qui reprend l’intégralité du pouvoir, comme c’était prévu depuis trois ans. Une succession programmée : 2ème spécificité. Alors, Danone, c’est le 1er groupe agro-alimentaire français, un des tous premiers mondiaux -avec 100.000 salariés- qui est à regarder de près parce qu’il négocie un virage. Les marques sont connues : Danone, Danette, Taillefine, Activia, Evian bien sûr, Badoit, Blédinat etc. 

Le virage, c’est vers une alimentation plus haut de gamme, et vers le bio avec le rachat du N1 américain du bio pour plus de dix milliards de dollars -c’est énorme. Danone cherche aussi depuis dix ans à réduire son empreinte carbone et développe des projets sociaux. Certes, des ONG ricanent : le groupe vend des bouteilles en plastique peu climato-compatibles. Mais l’entreprise est perçue comme en avance sur pas mal de sujets. 

Et surtout, ses patrons sont plutôt atypiques. 

C’est le plus intéressant. Antoine Riboud était un patron dit de gauche, qui a défendu en son temps le passage aux 32 heures. A Paris, c’était le seul... Son fils, Franck, a fait du groupe un géant international, mais il déteste les mondanités patronales, il a sans doute été le premier chef d’entreprise européen sans cravate et le seul à monter un projet qui n’est pas du vent avec un Prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus, pour le Bangladesh. 

Quant à Emmanuel Faber, le successeur, il a fait sensation il y a un an avec un discours étonnant sur la justice sociale devant les étudiants d’HEC, discours très personnel vu des millions de fois sur YouTube, qui a suscité admiration et critiques. 

Au total, tout ceci ne prouve rien sauf que les patrons d’entreprise ne sont pas nécessairement des clones et c’est plutôt sain.

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