Ce matin : deux décisions du gouvernement contre la pollution automobile. On va voir qui soutiendra des idées forcément impopulaires.

Pompes à essence
Pompes à essence © Getty / A. Martin UW Photography

Il a pris hier deux décisions plutôt courageuses mais qui sont forcément discutées : 

- un, il a maintenu la hausse des taxes sur les carburants alors même que le prix du pétrole grimpe et que la polémique sur le pouvoir d’achat enfle ; 

- deux, il permet aux élus locaux de créer des péages à l’entrée des grandes villes pour les décongestionner, péage dont le coût pourrait être de deux euros cinquante à chaque trajet, voire cinq euros pour Paris et l’Ile-de-France. 

Dans les deux cas, cela va être intéressant. On va voir si tous ceux qui critiquent l’inaction des pouvoirs publics en général et celle d’Emmanuel Macron en particulier, eh bien s’ils suivent et assument ces décisions forcément impopulaires. On va voir si les partis qui se targuent d’être verts, si les ONG, les associations, approuvent et le disent. 

Bien sûr, la question du prix des carburants est la plus immédiate. La hausse à la pompe était hier en Une du Parisien, elle est violente pour ceux qui roulent beaucoup sans alternative. Et, elle n’est pas finie puisque les taxes doivent augmenter jusqu’en 2022, l'idée étant de faire reculer la circulation mais surtout d'inviter les Français à basculer vers d'autres modes de locomotion (transports en commun, véhicules non thermiques, en clair électriques). Cette nuit, François de Rugy a longuement défendu à l'Assemblée ce choix par facile et en contrepartie il a décidé de muscler son dispositif de prime à la conversion (une prime de 1 000 à 2 500 euros), ouvert aux ménages qui remplacent un vieux véhicule polluant par une voiture émettant moins de CO2, neuve ou d’occasion. 

Le mécanisme, plus avantageux pour les non-imposables, connaît un succès fulgurant. C’est donc un dispositif malin qui marche mais naturellement la hausse des prix à la pompe plombe les portefeuilles.

Seconde initiative : le péage urbain.

Le projet de loi sur les Mobilités autorise les agglomérations de plus de 100.000 habitants à créer un « tarif de congestion », en clair, un péage, comme Londres, Milan, Stockholm ou bientôt Madrid, pour lutter contre la pollution. Concrètement, pas de barrière physique mais des caméras lisant les plaques d’immatriculation. Des exceptions seront instaurées pour par exemple que les trajets domicile travail, mais çà n’est pas sûr. 

A Paris, Anne Hidalgo n’est pas enthousiaste mais ne bloquera pas un péage francilien vers 2024. 

Dans tous les cas, on attend avec gourmandise les prises de position politiques, associatives et médiatiques voir qui sont les donneurs de leçons hypocrites.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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