Ce matin, tentative de définition du macronisme fiscal après les déclarations du président hier.

Thomas Legrand essaie désespérément de cerner chronique après chronique ce qu’est le macronisme en général, eh bien les lignes rouges tracées par l’Elysée éclairent le macronisme fiscal ! Attention, ce n’est pas facile. 

Hier matin, on croyait déceler des petits cailloux à gauche, comme par exemple l’idée d’une réforme des successions. Mauvais analyste que j’étais, puisque à midi Emmanuel Macron a totalement et sèchement fermé la porte à cette idée pourtant portée par le patron de son parti, mais dont un des inconvénients était qu’elle allait parasiter les annonces sociales, sur la pauvreté et la santé. 

Donc, c’est d’abord cela : le macronisme fiscal est totalement jupitérien. En juillet 2017, le président avait démenti son Premier ministre en avançant d’un an la réforme de la fiscalité du capital ; il y a deux semaines, c’est lui qui pousse Bercy dans ses retranchements sur la retenue à la source et le fait savoir ; aujourd’hui, il dit stop sur les successions. Emmanuel Macron a vu de trop près le ras le bol fiscal sous Hollande pour ne pas vouloir se coincer les doigts dans la porte. 

Deuxième point, le macronisme fiscal assume sa ligne : privilégier les actifs par rapport aux retraités ; la compétitivité par rapport au pouvoir d'achat ;

enfin, le macronisme fiscal est séquencé. Première année, la compétitivité de l’économie (impôt sur les sociétés, ISF, flat tax), deuxième année, les ménages (baisse des cotisations, taxe d’habitation). 

Il y a donc une cohérence, ce n’est pas seulement un pragmatisme (clin d’œil à Thomas Legrand), même si le macronisme fiscal est un brin lunaire quand on voit le pataquès de cette dernière quinzaine, on n’a parlé que de cela.  

Mais tout un pan de la fiscalité échappe au président...

C’est la fiscalité écologique. Pas de hausse d’impôt, promet-il. Sauf que les taxes sur les carburants vont grimper de 4 à 7 centimes le litre le 1er janvier, et que cela va continuer année après année. Au nom de l’écologie, pour inviter les automobilistes à moins rouler ou à changer de mode de transport. 

Le macronisme fiscal serait donc vert aussi ? Pas si simple. S’il a décidé de remonter le prix du diesel y compris pour les professionnels (sauf les routiers), il a renoncé à une des mesures du plan Hulot, sur l’aide fiscale à la rénovation énergétique des logements. Il y a donc le vert à moitié plein et le vert à moitié vide - Ok, le jeu de mot passe mal à l'oral !.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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