Séminaire de rentrée du gouvernement, aujourd'hui les ministres reprennent leur cartable. C'est bien connu, le premier trimestre est toujours très long et très difficile. Particulièrement épineux cette année en matière économique...

Oui, la cloche de la rentrée sonne et les ministres tels de bons élèves, se présentent en rang serrés pour une rentrée qui ne sera pas de tout repos. Pas trop le premier acte, ce lundi, avec un assez inoffensif séminaire sur la France de 2025. Mais surtout la suite, avec des conseils des ministres qui regorgeront de sujets sensibles. Et ce dès le premier, mercredi, avec le projet de loi sur l’artisanat, le commerce et les petites entreprises, en filigrane duquel il y a les auto-entrepreneurs – ils sont près de 900 000 - avec lesquels la ministre en charge du dossier, Sylvia Pinel, entretient des relations disons compliquées.

Ce séminaire, vous êtes passé vite dessus, vous n’en attendez donc rien ?

Bonne intention, a priori, de se réunir pour phosphorer sur ce que pourraient être la nation, son économie et la société française dans 12 ans. Mais difficile de voir dans cette grand-messe plus qu’une opération de opération de communication politique, offrant aux médias l’image d’une équipe soudée autour des mêmes priorités. Oui, oui, même Manuel Valls et Christiane Taubira. Mais sur le fond… Le doute est entretenu par certaines contributions de ministres qui nous ont déjà été communiquées : le numérique est mis à toutes les sauces, quelle surprise, Cécile Duflot affirme qu’en 2025 chacun disposera d’un toit et d’un environnement de qualité, Arnaud Montebourg voit Paris en capitale de l’innovation au cœur de la troisième révolution industrielle… Tout ceci est plein de bons sentiments mais avec trop peu de concret pour faire de la vraie prospective et pas de la méthode Coué.

Quels sont alors ces sujets sensibles qui vont dominer les prochains conseils des ministres ?

Il y a au moins une demi-douzaine de dossiers à hauts risques pour le gouvernement. Sur le plan économique, la nouvelle réforme des retraites, avec en corollaire une augmentation de la CSG, est la première partie émergée de l’iceberg et préoccupe beaucoup un exécutif qui veut éviter à tout prix une explosion sociale. Au-delà, il y a l’assainissement des comptes publics et donc le budget 2014 : le gouvernement doit trouver pas moins de 10 à 12 milliards d’euros pour le boucler. Encore un casse-tête à dominante économique ? La transition écologique, sur laquelle quatre ministres, les écologistes mais aussi Stéphane Le Foll, poids lourd de la Hollandie, ont remis la pression ce week-end. On pourrait ajouter à cela des chausse-trapes comme l’austérité salariale pour les fonctionnaires ou dans un champ plus sociétal la refonte des rythmes scolaires, sans oublier la politique pénale qui divise la majorité… Bref, vous comprendrez pourquoi, comme les élèves à l’orée d’une année clé, certains membres du gouvernement rentrent sans doute avec une petite boule au ventre…

Et est-ce que l'exécutif joue la montre et retarde certaines décisions douloureuses ?

Le problème est qu’il n’est plus possible de différer de nombreux arbitrages. La discussion budgétaire, c’est déjà demain. Des réformes de structures pour aider les entreprises à aller de l’avant s’imposent également. Le Medef, qui prépare aussi sa rentrée, fait monter la pression. Son nouveau président, Pierre Gattaz, lance dans nos colonnes un appel dont le titre en dit long : « France conquérante ou France déclinante : l’heure des choix ». Contrairement à la méthode Hollande qui a souvent consisté à s’appuyer sur les partenaires sociaux pour faire bouger les lignes, on ne voit pas comment l’exécutif pourra éviter de trancher. Pour rester dans la métaphore scolaire, ce n’est pas sur son sens du dialogue que la promotion Hollande sera évaluée en 2014 et 2017, mais sur les résultats de sa politique économique. Et mine de rien, le premier conseil de classe est dans à peine plus de six mois, avec les élections municipales de mars prochain…

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