Le sujet économique du jour c’est le ralentissement économique en Asie. Mais pas simplement en Chine : cela gagne les autres marchés émergents.

La semaine dernière, nous commentions en effet le ralentissement de la croissance chinoise, auquel Pékin essaie de remédier en partie grâce à un yuan dévalué, pour relancer ses exportations.

Depuis, les indicateurs économiques se succèdent et confirment que ce n’est pas juste le géant chinois qui est à la peine, mais tous les pays émergents d’Asie. Et quand ces marchés subissent une telle chute de pression, c’est de fait l’un des moteurs de la croissance mondiale qui se grippe.

Il y a là-dedans une part de pure crise de confiance. Le ralentissement chinois inquiète l’Asie, ses consommateurs, ses industriels et les investisseurs. Mais il y a aussi des facteurs des plus tangibles. A commencer par la baisse de la demande en Chine qui fragilise les pays dépendant de leur clientèle là-bas, les particuliers de la classe moyenne et les entreprises qui ont délocalisé une partie de leur production dans le Sud-Est asiatique. Par ailleurs, la dévaluation du yuan fait d’autant plus vaciller des devises déjà friables avant comme le baht thaïlandais, ou la roupie indienne. Et puis dans ce monde où les économies sont interconnectées à de multiples niveaux, il y a l’effet de réactions en chaîne qui ont débuté ailleurs qu’en Asie, comme la chute des prix des hydrocarbures.

Encore la crise du pétrole. Comment le phénomène se manifeste-t-il dans ce cas ?

La baisse des cours fragilise un peu partout les pays émergents les plus dépendants de leur manne pétrolière ou gazière, longtemps si généreuse. Ceux qui en ont négligé la diversification de leur économie, et se retrouvent maintenant avec des ressources réduites et pas assez de relais de croissance. La liste des pays mis à mal par cette nouvelle donne va de la Malaisie ou l’Indonésie, en Asie, à d’autres économies dans tous les coins du globe : Mexique, Russie, Moyen-Orient, Nigéria, Angola… Ne parlons même pas du Venezuela, à bout de souffle. Du coup, leur demande intérieure tend aussi à se tasser voire se tarir, et cela entretient le cercle vicieux à l’échelon international.

Et comment les entreprises françaises peuvent-elles adapter leur stratégie à cette dépression ?

La première réponse, c’est bien sûr le pragmatisme. Diriger, c’est gérer les risques et en l’occurrence bien évaluer ce que l’on appelle son « exposition » à ces marchés. Mais ensuite, attention à ce que la prudence ne vire pas à la tétanie. Surtout en France où beaucoup d’entreprises ne sont converties que depuis peu à l’international.

Les marchés émergents ne sont jamais monolithiques. L’économie y bouge de façon tellement diverse qu’il reste souvent, secteur par secteur, ou bien dans le pays voisin qui sera peut-être moins dépendant de ses ventes en Chine ou de ses recettes pétrolières, de vrais gisements d’opportunités.

En tout cas, le principe de précaution, en l’occurrence, ce n’est pas tant de figer les projets que de chercher au plus vite de nouvelles pistes pour aller de l’avant.

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