Les impôts locaux vont augmenter cette année. Dans quelles villes les hausses seront-elles les plus fortes?Pour la taxe d'habitation, c'est Strasbourg le champion avec une hausse de 9,4%, suivi de très près par Paris avec 9,3% et Montreuil. Viennent ensuite Saint-Denis, Rennes, Rouen et Perpignan. Pour la taxe foncière, on retrouve dans le tiercé gagnant Montreuil en tête avec 11% et Paris, puis à égalité pour la troisième place Saint-Denis et Argenteuil avec pratiquement 8% d'augmentation. A l'autre bout non de ce CAC40 mais ce TAX41, puisque nous avons les chiffres pour les 41 villes françaises qui font plus de 100.000 habitants, il y a Lille, Orléans, Boulogne-Billancourt et Villeurbanne, avec une taxe d'habitation en hausse de moins de 1%. Il faut préciser que tous ces chiffres que nous publions aujourd'hui dans « Les Echos » ont été calculés par le Forum pour la gestion des villes pour un couple avec deux enfants, habitant dans un logement qui se loue une fois et demi la valeur locative moyenne des logements de la commune. Pourquoi une ville riche comme Paris augmente-t-elle autant ses impôts?Il y a deux raisons principales. D'abord les recettes de la capitale ont beaucoup reculé avec la chute de l'immobilier et donc des droits de notaire, qui vont pour l'essentiel dans la poche des collectivités locales. Et puis il faut bien voir que c'est à Paris que la taxe d'habitation est aujourd'hui la plus basse des grandes villes - 435 euros en 2010 pour notre famille avec deux enfants, c'est moins de la moitié des autres villes. Il y a donc là quelque chose qui ressemble fort à un rattrapage. Sans faire de mauvais esprit, on peut aussi remarquer que les mairies qui relèvent beaucoup leurs impôts sont toutes à gauche, à l'exception de l'UMP Perpignan. Au-delà de l'exception parisienne, la hausse est-elle forte? L'augmentation moyenne en 2010 sera de 2,8%. Ensuite, c'est une question de point de vue. Si on compare par rapport à l'inflation, c'est clair que les impôts locaux vont plus vite. Le coût de la vie municipale augmente plus vite que le coût de la vie tout court. En revanche, si on compare par rapport à l'an dernier, c'est moins pire puisque la hausse avait dépassé les 5%. Mais c'est un point de comparaison biaisé. 2009 était le premier budget des équipes élues lors des municipales de 2008. Et il est de tradition, lors de cette première année, de matraquer le contribuable pour pouvoir ensuite alléger la pression à l'approche des élections suivantes. Il faut donc un troisième point de vue. Une comparaison sur le long terme. Et bien la hausse 2010 est la plus forte de la décennie, exception faite de 2009. Les maires des grandes villes ont-ils du mal à tenir leurs budgets?C'est vrai qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire dans la gestion municipale. Ces dernières années, l'Etat a mieux géré ses milliards que les villes leurs millions. C'est vrai aussi que des maires se sont laissés griser par des recettes abondantes lors du boom de l'immobilier, des recettes qui n'avaient hélas rien de durable. Mais il y aussi une autre raison derrière ces hausses de taxes: avec la crise, les villes craignent d'être aux premières loges face à la montée de la détresse sociale, et sans doute à raison. Elles prennent donc leurs précautions. La hausse d'impôts est parfois le début de la sagesse. Une sagesse à laquelle finira bien par venir un jour ou l'autre le gouvernement.

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