Une catégorie de Français n’a pas du tout la présidentielle en tête : les étudiants candidats aux concours des grandes écoles, notamment de commerce.

En tous cas, on l’imagine. Ces jours-ci des dizaines de milliers d’étudiants planchent ou vont plancher sur les épreuves écrites des concours des grandes écoles de commerce, mais aussi d’ingénieurs et littéraires. C’est intéressant à regarder parce qu’il y a quelques évolutions à relever. D’abord, une pensée pour tous ces candidats stressés et les enseignants qui les ont préparés. Lundi, c’était la première épreuve à Polytechnique ; A 8 heures ce matin, il y a des écrits à Normale Sup puis les concours des écoles de commerce de province ; la semaine dernière, c’était ceux des écoles post-Bac comme l’Ieseg et bientôt, sont prévus les écrits de l’Essec, des Mines ou de Centrale. A chaque fois, la sélection est impitoyable. Un exemple : 4.700 candidats pour 380 places à HEC.

Quelles évolutions en 2012 ?

Pour la deuxième année consécutive il y a une baisse du nombre de candidats aux écoles de commerce venant des « prépas ». Repli faible, de 3% en deux ans ; mais qui succède à six années de hausse forte, de l’ordre de 25%. Si on creuse un peu, on observe que les voies scientifique et économique piquent un peu du nez, à l’inverse de la voie technologique, en plein boom. Ce léger tassement sur les écoles de commerce ne se constate pas sur les écoles d’ingénieurs, le nombre de candidats à l’X (Polytechnique) - 4.000 - progresse.

Bon, vous avez bien une explication ?

Il y a un peu moins de bacheliers qui choisissent la filière des classes préparatoires, parce qu’elles sont difficiles, mais aussi parce que 1 – les écoles post-Bac ont fait un gros effort de niveau et de réputation et que 2 - d’autres voies se sont ouvertes. On entre désormais dans les écoles par d’autres portes, et d’abord l’université et c’est parfois plus facile. Cela commence à se savoir chez les étudiants. A Polytechnique, le nombre de dossiers déposés venant de l’université décolle. La voie royale reste la voie royale, mais ce qui a longtemps été appelée la petite porte l’est de moins en moins.

Cela étant, ce type d’enseignement supérieur, les grandes écoles, restent ultra minoritaire.

Il ne faudrait pas l’oublier. Dans la campagne électorale, le débat a porté sur la façon d’aider les élèves défavorisés à rentrer dans les prépas. La probabilité d’y accéder serait de 1% pour les enfants d’ouvriers et 20% pour ceux d’enseignants et de cadres supérieurs. Le problème est que cantonner le débat sur le supérieur aux prépas est absurde. C’est accepter que les bons élèves aillent en prépa ou en IUT, voies sélectives, tandis que les autres vont à l’université. Le vrai, l’intolérable scandale, reste les taux d’échecs en premier cycle et les formations qui ne mènent nulle part et en tous cas pas sur le marché de l’emploi. Je ne sais pas si vous, vous avez entendu beaucoup de propositions là-dessus, moi pas. La priorité ne devrait pas être de toujours renforcer l’idée de la prépa et la grande école sinon rien mais d’imposer celle de « l’université, c’est bien aussi ».

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.