Vingt-cinq Prix Nobel d’économie mettent en garde contre les projets électoraux anti-européens.

Oui, au premier rang desquels, bien sûr, celui de Marine Le Pen, explicitement citée. C’est Le Monde qui publie, dans son édition datée d’aujourd’hui, un court texte signé par vingt-cinq Prix Nobel d’économie, dont les neufs derniers lauréats. Pour résumer, ils refusent d’être instrumentalisés par la candidate du Front National qui a énuméré leurs noms au cours de L’émission politique de France 2. Précisément Marine Le Pen expliquait que de nombreux Nobel soutenaient son idée de sortir de l’euro. Eh bien, les Nobel disent : « halte à la récup ». Dans la liste on trouve l’américain Joseph Stiglitz, que l’euro n’enthousiasme effectivement pas, et le Français Jean Tirole, qui y est favorable et qui a eu un rôle déterminant dans cette initiative. Ils ont donc une approche différente, mais disent, avec 23 autres du monde entier : la construction européenne est capitale pour la paix et l’économie, les politiques protectionnistes et les dévaluations compétitives sont dangereuses, la sortie de l’euro l’est aussi et tout cela, ce sont des problèmes trop sérieux pour être confiés (je cite) à des politiciens clivants. Ce texte vise-t-il d’autres candidats ? Sans aucun doute, mais parmi les extrémistes, Marine Le Pen, disons-le, est la seule à être connue internationalement.

Ce genre de texte peut-il avoir un effet ?

Peut-être, pas sûr. Le premier point intéressant est que l’on voit que ces Nobel croient utile de dire quelque chose sur cette élection française. Pour tous ceux qui suivent l’économie, l’Indien Amartya Sen, les Américains Robert Solow et Robert Mundell, ce n’est pas rien. Nous sommes regardés avec intérêt et inquiétude. Le second point est que ces Nobel affichent des convictions variées sur l’économie, ce ne sont pas tous des libéraux faciles à cataloguer. Alors, quel effet ? Cela appuie sur le point faible du projet frontiste, l’euro et l’Europe. Marine Le Pen, hier soir sur TF1, a tenté de disqualifier de façon pas très élégante le texte en indiquant qu’elle avait invité Stiglitz à venir participer à un débat. Mais cela ne s’est pas fait, a-t-elle expliqué, parce qu’il serait hors de prix. Au total, on ne sait pas si les électeurs frontistes sont sensibles à des arguments d’économistes mais on attend aussi avec intérêt le prochain article personnel de Stiglitz sur l’euro.

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