Renault a présenté cette semaine son premier véhicule électrique low-cost, la City K-ZE.

La City K-ZE de Renault présentée à Shanghai
La City K-ZE de Renault présentée à Shanghai © AFP / GREG BAKER

Oui, mais comme cette voiture a été présentée en Chine, au Salon automobile de Shanghai, et qu’elle est destinée au marché chinois à partir de l’automne, vous-même Nicolas (pourtant très informé) et les auditeurs n’en ont pas forcément entendu parler. Et pourtant, c'est une première pour un constructeur automobile occidental classique : une voiture 100% électrique (pas une hybride) à 9.000 euros, alors que le prix habituel est du double ou même du triple, par exemple chez Tesla. 

Le groupe Renault-Nissan, N°1 mondial sur ce segment électrique, veut investir le marché chinois, désormais le plus grand marché automobile de la planète. Sur le low-cost, Renault bénéficie de son expérience avec Dacia et de la Kwid lancée en Inde. Alors, la K-ZE, fabriquée par Renault, Nissan et le partenaire chinois Dongfeng, sera fabriquée en Chine, avec des pièces à 95% chinoises. 

Mais la concurrence sera rude, parce que :

1 -Renault ne réussit pas en Chine jusqu’à maintenant. La marque au losange n’y a vendu que 220.000 voitures en 2018, c’est peu sur un marché de 28 millions de véhicules par an ; 

2 -il existe 200 constructeurs chinois sur ce marché de l’électrique, avec du très bon et du n’importe quoi pour la qualité. Et pourtant voilà il faut y être parce que Pékin met une grosse pression avec des quotas drastiques d'électriques pour les années à venir. Donc, Renault jouera gros avec sa K-ZE low-cost à 9.000 euros. On ne sait pas si elle viendra un jour en Europe. Si on se réfère à l’expérience Dacia, cela devrait être le cas - sauf que les usines chinoises sont plus lointaines que les usines roumaines ou marocaines à Tanger. 

Le nouveau patron de Renault veut aussi tourner la page. Jean-Dominique Senard a remplacé Carlos Ghosn au poste de président il y a 85 jours. L’enjeu pour l’entreprise, c’est que l’on ne pense pas matin midi et soir à l’affaire Ghosn quand on pense à Renault. Car l’objectif d’un constructeur auto c’est de vendre des voitures dans des concessions et ce sera de plus en plus de vendre des voitures qui polluent moins. Le groupe français doit revenir à ce métier parce que la concurrence, elle, n’a pas les bras croisés. 

Avec habileté et en deux mois, Senard a déjà réussi à calmer le jeu avec Nissan. Mais les Japonais ne sont pas faciles. Lors de sa première visite à Tokyo, un dirigeant de Nissan a glissé à sa délégation avec un sourire en coin : dans le monde, seuls deux peuples savent construire de vraies voitures, les Japonais et les … Allemands. Ce n’est pas gentil. Des cailloux, il faudra en retirer d’autres de la route.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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