Une évaluation qui apporte une bonne nouvelle au candidat PS : ses chiffres sur le coût immédiat de la mesure sont validés ; mais qui lui apporte, aussi, une moins bonne nouvelle : on comprend pourquoi son projet à long terme sur les retraites est flou – forcément flou. On le sait, sa proposition consiste à permettre, dès qu’il entrerait à l’Elysée, le départ à 60 ans des personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant toutes leurs annuités. Aujourd’hui, avec la réforme Sarkozy, ces personnes doivent attendre 60 ans et neuf mois, et plus demain. Selon le candidat, le coût de cette réforme de la réforme est de deux milliards d’euros en 2012. Eh bien, ce chiffre est validé par le think tank (libéral) qu’est l’Institut Montaigne, comme est validé le nombre de bénéficiaires, 150.000. Mieux, Montaigne estime que cela coûtera en réalité moins que ne le dit le PS parce qu’il y aura moins d’indemnités chômage à verser. Banco pour le candidat !

Mais qu’en est-il après 2012 ?

C’est là que cela se gâte. François Hollande parle du coût de sa proposition en 2012, mais, habilement, il se garde bien de la chiffrer pour les années suivantes. Il est prévu qu’une renégociation d’ensemble remette tout à plat. Mais l’Institut Montaigne, lui, apporte la vraie réponse : le coût de la proposition Hollande augmentera chaque année pour s’approcher de 5 à 7 milliards d’euros en 2017. Pourquoi cette courbe ascendante ? Tout simplement parce que la réforme Sarkozy prévoit que l’âge légal de la retraite monte progressivement jusqu’à 62 ans et que tout départ à 60 ans coûtera (c’est logique) de plus en plus cher. Evidemment, cinq à sept milliards, ce n’est pas la même chose qu’un ou deux !

Quelle conclusion en tirer ?

On a (comment dire ?) - vaguement - l’impression que la proposition de François Hollande ne s’appliquerait pas très longtemps, que ce guichet serait ouvert en 2012, 2013, mais pas au-delà parce qu’il coûterait cher. Et donc qu’il bénéficierait à peu de monde. Imaginons quand même qu’à l’inverse, ce guichet soit ouvert pendant un quinquennat entier. Alors, dans ce cas, il y a deux possibilités. Soit il restera zéro marge de manœuvre pour modifier les autres curseurs, ceux qui concernent la majorité des Français, puisque les hausses d’impôt prévues par le PS seront déjà consommées. Soit, comme cela se murmure, la réforme de la réforme allongera la durée de cotisation pour tous à 42 ans. Et alors tous ceux qui ont commencé à travailler après 20 ans seraient pénalisés, au moins financièrement. Tout en laissant des gros déficits. CQFD. Bref, c’est compliqué, mais on voit qu’il y aura des gagnants et des perdants, pas seulement des gagnants. Naturellement, les projets de tous les candidats, Nicolas Sarkozy compris, devront être passés au scalpel une fois connus.

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