Les Echos, publie un manifeste signé par 50 entreprises étrangères installées ici, en France. Un manifeste qui est un avertissement. Les signataires, ce sont les patrons français des filiales d’entreprises mondiales que tout le monde connaît : Siemens, Adecco, American Express, Esso, Heineken, Hertz, Microsoft, Unilever, Nestlé, Volkswagen, Xerox … Je ne vais pas citer les cinquante-trois sociétés concernées. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’elles pèsent plus de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Que disent leurs dirigeants français ? Ils disent, nous avons de plus en plus de mal à convaincre nos sièges mondiaux, nos patrons américains, allemands, suisse, japonais, de continuer à investir et à créer des emplois ici.J’ai envie de vous dire, moi : ce sont une nouvelle fois des entreprises qui se plaignent, rien de vraiment nouveau ! Et vous aurez tort : cette démarche est inouïe – au sens propre. Que les patrons français de sociétés françaises sortent du bois, c’est une chose. En septembre, les groupes du CAC 40 s’étaient exprimés. Mais que des groupes étrangers le fassent, cela ne s’est jamais vu. D’habitude, leur souci, c’est de ne pas faire remarquer. S’ils parlent c’est que la situation leur paraît grave, ils n’ont rien à gagner, ils n’ont que des coups à prendre. Que veulent-ils ? Ils commencent par dire que les salariés français sont formidables, qu’ils ont (je cite) une productivité et une créativité exceptionnelles. Et que nos équipements collectifs (santé, toutes etc.) sont enviés. Mais voilà, le problème est qu’avec la concurrence internationale de dizaines de nouveaux pays et celle des vieux pays qui ont bougé, ce sont nos défauts que l’on voit maintenant. Ce qui ne va plus, disent-ils, c’est la complexité et l’instabilité de nos règles, nos impôts, le droit du travail, tout est long et lourd. Ils donnent des exemples concrets que je n’ai pas le temps de développer. Leurs patrons ne supportent plus non plus la méfiance que nous avons envers l’économie de marché. Vu de Palo Alto, de Francfort ou de Singapour, la France paraît endormie, malheureuse mais aussi sans réaction.Est-ce que cet avertissement est important ? Ils ne vont pas quitter la France … Cet avertissement devrait nous nous faire froid dans le dos D’abord parce les investissements internationaux sont libres, ils viennent ou ne viennent pas. Si notre image est mauvaise, ils ne viennent pas. Ensuite, les entreprises à capitaux étrangers représentent presque un tiers de notre industrie. C’est énorme ! Enfin tout cela veut dire que, pour beaucoup de ces multinationales, si c’était à refaire, un nouvel investissement, ce n’est pas sûr qu’elles le referaient. Alors, on va beaucoup entendre parler aujourd’hui de contre-exemples anecdotiques (Amazon par exemple) et des statistiques sur les flux d’investissements, toujours élevés. En taisant que ces investissements sont financiers, pas créateurs d’activités. Dernier point : c’est François Hollande qui est visé ? A aucun moment, son nom ou même le gouvernement ne sont cités. C’est bien la France, pas telle ou telle équipe, qui est visée et doit se réveiller. C’est d’autant plus sérieux.

► ► ► Lire | 50 entreprises étrangères installées en France tirent la sonnette d’alarme

► ► ► voir | Alain Dehaze, président d'Adecco groupe France

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