On connaît (donc) désormais les noms des sept candidats à la Primaire de la gauche.

Oui, et le plus frappant est que l’on connaît leurs noms, mais pas vraiment leurs projets - notamment économiques. C’est la différence avec la Primaire de la droite, à laquelle les concurrents étaient arrivés en quelque sorte sur-préparés, bardés de propositions précises. C’est logique : ils avaient eu tout un quinquennat pour les préparer. En revanche, à un mois du premier tour du scrutin à gauche, avec deux semaines de vacances entretemps, les candidats de gauche apparaissent sous-préparés. Manuel Valls n’a même pas encore de site Internet, Vincent Peillon non plus, et ce n’est pas faire injure à Benoît Hamon et Arnaud Montebourg de dire que leurs propositions sont succinctes. Cela a un avantage : ne pas être obligé de reculer comme vient de le faire François Fillon sur la santé, avec à la clé un gros coup de canif dans l’image de sérénité qu’il veut imposer. Cela a aussi un inconvénient : les candidats de gauche donnent l’impression que les idées qu’ils lancent ne les engagent pas vraiment, bref qu’ils n’y croient pas. Au total, la droite a beaucoup avancé, ce qui la force à reculer. La gauche avance peu, peut-être parce qu’elle sait qu’elle n’ira pas très loin. A moins que cela soit un calcul très très malin : ceux qui ont gagné ces derniers temps, les partisans du Brexit et Trump, n’avaient pas vraiment de programme !

Il y a quand même une fracture idéologique à gauche, pas à droite.

C’est vrai. Si les curseurs étaient différents, les projets de Juppé, Sarkozy, Fillon étaient de même nature. Entre Valls et Montebourg et Hamon, ni le diagnostic sur le monde, l’économie, ni les remèdes ne se ressemblent. Le quinquennat Hollande n’a pas permis de résoudre la querelle idéologique de la gauche française.

Ce que l’on sait des projets à gauche réserve quelques surprises.

Manuel Valls créé la surprise avec le retour souhaité de la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure de Sarkozy supprimé dès l’été 2012 par Hollande et accusée de tous les maux. C’est pour le moins étonnant ! Benoît Hamon n’hésite pas à annoncer, dans une intéressante interview aux Echos, une hausse du niveau des prélèvements obligatoires pour financer son revenu universel, hausse « principalement et quasiment exclusivement » sur les hauts revenus – ce qui veut dire « pas seulement ». C’est audacieux ! Arnaud Montebourg, dans Le Parisien d’hier, évoque la nationalisation d’une banque française, mais quand on lui demande laquelle, il répond en toute simplicité : « je ne sais pas » ! C’est amusant et pas très sérieux ! Bref, on imagine que les vacances de Noël vont être studieuses.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.