L’Insee a apporté hier sa contribution au débat sur le pouvoir d’achat : il augmente de 3% sur un an. Incroyable ? Mais vrai (macro-économiquement). Hélas pour le gouvernement, ses palinodies fiscales font que les Français ne le croient pas.

Est-ce que d'autres mesures vont venir contredire les précédentes au cours de l'année 2019 ?
Est-ce que d'autres mesures vont venir contredire les précédentes au cours de l'année 2019 ? © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Je sais que le chiffre que je vais vous annoncer va susciter l’incrédulité. Entre le premier trimestre 2019 et le même de 2018 un an plus tôt, le pouvoir d’achat global des Français aura progressé de 3%. C’est beaucoup et pourtant qui va le croire ? Ce n’est pas une fake news, c’est l’effet de toutes les mesures Macron, la taxe d’habitation, les baisses de cotisations sociales sauf pour les retraités, et aussi le plan annoncé le 10 décembre avec les heures supplémentaires défiscalisées, la hausse de la prime d’activité etc. 

Ce seul plan représenterait un gain de pouvoir d’achat de 0,5%. Mais ce sont aussi les hausses de salaires et la baisse du prix du pétrole ces dernières semaines. Si l’Insee, à ce stade, ne dit pas qui est très gagnant, gagnant, ou perdant, avec une progression globale de 3%, la majorité des Français seront gagnants. Mais comme toujours pas tous. Du coup, voilà, c’est vrai, les bonnes nouvelles ne sont pas crues.  

Pourquoi ? 

Parce que la séquence que nous vivons est grandguignolesque. La succession d’ordres et de contrordres, de hausses et de baisses, de virages et de tête à queue, rend tout illisible. On ne revient pas sur les mois passés, mais regardons juste sur les semaines à venir. Des salariés vont recevoir des primes défiscalisées, d’autres pas. 

Certains vont faire des heures sup, d’autres pas. Le prix des carburants va baisser, ou pas. Pour ceux qui paient l’impôt sur le revenu, il sera pour la première fois prélevé à la source, sur le salaire, fin janvier – avec un effet psychologique que l’on ignore. Puis le 5 février, la prime d’activité (en hausse) sera versée à certains actifs, pas à tous. 

Certains retraités vont continuer à payer un taux de CSG majoré, mais ils seront remboursés en juillet du trop versé. On pourrait continuer, c’est un régal pour l’éditorialiste, trop facile même. 

L’aller-retour hier soir, sur les mesures annulées-confirmées de la mi-novembre, le chèque énergie et la prime à l’achat d’une voiture, est à classer dans l’anti-manuel de communication politique. 

Si on n’avait qu’un conseil à donner à Emmanuel Macron et au gouvernement : qu’il ne touche plus d’un seul millimètre aux impôts d’ici la fin du quinquennat. Sauf pour les alléger.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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