Les constructeurs automobiles tendent à nouveau la main. Après les 6 milliards d’euros prêtés par l’Etat aux français Peugeot-Citroën et Renault, le banquier de l’allemand Volkswagen a obtenu une garantie de ses prêts à hauteur de 2 milliards d’euros et l’américain General Motors réclame jusqu’à 17 milliards de dollars. Pourquoi l’addition grimpe-t-elle sans cesse ? Les constructeurs du monde entier sont dans le brouillard. Ils ne savent pas où ils vont. La chute du marché est d’une violence sans précédent. Aux Etats-Unis, General Motors estime que le nombre de voitures vendues va tomber cette année au dessous de 10 millions contre 16 à 17 millions d’habitude. En Europe, un grand constructeur aurait tout bonnement fait faillite s’il n’avait pas reçu de l’argent public, car les banquiers refusent de lui prêter de l’argent. Au Japon, le constructeur qui était le plus rentable au monde, Toyota, a basculé dans les pertes. Rien ne va plus. Et c’est bien sûr la faute à la crise financière. A la fois parce qu’elle inquiète beaucoup d’acheteurs, qui préfèrent repousser leurs achats. Et parce que ceux qui veulent quand même acheter ont du mal à trouver un bon crédit. Les constructeurs ne sont donc pas responsable de leurs malheurs ? Si, tout de même. Ils ont cru que les arbres, ou plutôt leurs marchés, montaient jusqu’au ciel. Comme l’argent n’était pas cher, comme les pays leur déroulaient des tapis rouges, ils ont construit des usines un peu partout dans le monde. Résultat : ils pourraient fabriquer 80 millions de voitures par an alors qu’ils en ont vendu moins de 50 millions ces dernières années. Et ils vont en livrer moins de 40 millions en 2009. Ils vont donc devoir réduire la voilure, si possible le plus loin possible de leur siège. General Motors envisage ainsi de fermer quatre usines en Europe. Les Français, eux, ont pris l’engagement de ne pas réduire leur capacité de production dans l’Hexagone, mais ils risquent de le faire ailleurs. La crise automobile semble plus violente aux Etats-Unis… D’abord, les constructeurs américains ont peu bougé ces dernières années, et ils ont fait beaucoup de marges avec des gros 4.4 complètement passés de mode ces derniers mois. Et surtout, ils sont responsables in fine de la retraite de leurs salariés. C’est un engagement colossal, de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Il risque de les couler, parce que leurs fonds de pension ont perdu beaucoup d’argent avec la chute de la Bourse. Le système français de retraite est donc bien meilleur ! A court terme, oui, d’autant plus que sa charge ne porte pas sur les entreprises mais sur la Sécu. A long terme, c’est beaucoup moins sûr. Un dessin qui circule sur Internet montre un policier américain face à Bernard Madoff. Il lui demande d’où est venue son idée d’escroquerie. Madoff répond : " en regardant le système français de retraite ". Autrement dit, les futurs retraités risquent de toucher moins que leurs aînés. Ils auront donc plus de mal à acheter des voitures aux constructeurs français.

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