Ce matin, le débat sur les allocations familiales, bon résumé de ce qui attend le gouvernement sur les dépenses.

C’est Jean-Marc Ayrault qui a demandé à un expert de trouver deux milliards d’économies sur la branche famille. Et dimanche, la piste de la fiscalisation des allocations a refait surface par la voix de Didier Migaud, de la Cour des Comptes. Rappelons le contexte : 5 millions de familles touchent 127 euros par mois pour deux enfants, 290 euros pour trois et 453 pour quatre. Revue du parcours d’obstacles qui attend le gouvernement s’il va sur ce terrain.

On y va ! Premier obstacle…

Premier obstacle : le rappel des promesses de campagne. François Hollande avait répondu à un questionnaire de l’Union des associations familiales en mars dernier. Il promettait de ne pas mettre les allocations sous conditions de ressources et de ne pas les fiscaliser. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais quand même c’est embêtant.

Deuxième obstacle : un calendrier compliqué…

Un vrai supplice chinois, oui ! Si le gouvernement y va, la polémique commencera avec le rapport Fragonard en mars, continuera avec le projet du gouvernement en avril, durera jusqu’à l’automne au moment du budget … Six mois, c’est long.

3ème obstacle : peu de soutiens, beaucoup d’adversaires.

A droite et à gauche, Raymond Barre en 1987, Alain Juppé en 1996, Lionel Jospin en 1997, Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, tous ont dû replier les voiles. En face, le front du « touche pas à mes allocations » va des associations familiales au Parti communiste, qui défend le caractère universel de la politique familiale. C’est large !

Quatrième obstacle : quid du fond du sujet ?

Les allocations familiales ont toujours été considérées comme compensant le coût de l’éducation d’un enfant ; à l’inverse de la politique fiscale, qui compense les différences de revenus ; redistribution horizontale contre redistribution verticale, pour faire savant ; le fond de l’affaire est que les allocations familiales appartiennent à la mythologie : elles valorisent les familles nombreuses et c’est une des rares politiques qui n’a pas changé depuis cinquante ans. Un peu comme le tarif unique du timbre quelle que soit la distance.

Bon, voilà l’analyse, quel est votre avis à vous ?

Un avis ? Plutôt une réflexion ! Oui, ce que fait l’Etat doit être ciblé, recentré sur ceux qui en ont le plus besoin ; en même temps, il prélève tellement de cotisations et d’impôts que si ceux qui en paient le plus ou les classes moyennes ne reçoivent rien, un ras le bol est certain ; au fond, la fiscalisation n’est pas idiote, mais agiter cela comme un chiffon rouge sans donner ailleurs des preuves que la rigueur, ce ne sont pas toujours les mêmes, c’est curieux. Un exemple : la fiscalisation des allocations, c’est 800 millions ; mais le régime chômage des intermittents du spectacle, c’est un milliard pour 100.000 personnes. Certes, elles sont majoritairement de gauche et toujours remuantes.

Au final, que fera le gouvernement ?

Il ira doucement mais il faut savoir qu’à l’Elysée, cette affaire familiale est l’exemple numéro un des économies mises en avant depuis mai par les plus proches de François Hollande.

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