Le groupe PSA Peugeot Citroën vient de dévoiler il y a quelques minutes le détail de son plan de sauvetage. On en connaissait les grandes lignes. Une seule question : ce plan va-t-il marcher ?

le conseil de surveillance de psa vote l'accord avec dongfeng
le conseil de surveillance de psa vote l'accord avec dongfeng © reuters
Chacun a en tête son contenu : le chinois Dongfeng et l’Etat français apportent tous deux de l’argent frais et en contrepartie vont rentrer au capital de PSA ; Cet argent servira à désendetter l’entreprise et à investir ; La famille Peugeot perd le contrôle du groupe créé il y a deux cents ans ; L’objectif est de multiplier par trois les ventes de voitures en Chine d’ici dix ans. Pour répondre à votre question – cela va-t-il marcher ? -, on l’espère vraiment ! Ce que l’on peut dire, c’est que, dans la situation très très difficile du groupe, c’est enfin un plan qui a du sens. Parce qu’il y a le feu au lac : PSA a perdu 5 milliards d’euros en 2012, et 2,3 milliard l’an dernier. C’est énorme. **Quelles sont les raisons d’y croire ?** Le premier point est que les luttes fratricides et mortifères au sein de la famille Peugeot, c’est fini – et heureusement. Elles ont coûté cher, et c’est le management qui prend la main, Carlos Tavares sera un vrai patron, même si cela paraît paradoxal avec trois actionnaires de poids. Le deuxième point est que le gouvernement, a joué un beau rôle dans cette affaire, il a été utile et efficace pour arriver à un deal global. Le troisième est, bien sûr, que l’Asie est le marché qui explose en ce moment, être en Chine est donc excellent. Peugeot vend déjà plus de voitures en Chine qu’en France. Au passage, disons que cet accord tient beaucoup à la ténacité de Philippe Varin, l’actuel patron qui passe la main, et du directeur financier Jean-Baptiste de Châtillon. **Il y a quand même des craintes, notamment celle du passage sous pavillon chinois, un remake du péril jaune !** C’est vrai qu’un chinois et même l’état chinois au capital d’un grand groupe français, c’est une première. Au siège du groupe PSA, on insiste sur le fait qu’il n’y a pas de bureau prévu pour des chinois ! C’est vrai aussi qu’une alliance avec un européen, çà aurait été mieux, mais il aurait fallu y penser il y a longtemps. Cela étant, Dongfeng n’aura que 14% du capital et on espère que les contrats sur les transferts de technologie, notamment l’hybride air, - André, ça n’est pas un instrument de musique- sont bien verrouillés. Je peux vous dire que cela inquiète les milieux automobiles.**L’Etat qui entre au capital d’un grand groupe, ce n’était pas arrivé depuis longtemps ?!** Pas d’accord ! Il y a eu Alstom et il y a Renault, où il a 15%. Le plus drôle est que nos deux constructeurs ont l’Etat chez eux et sont alliés en Asie, avec Nissan et Dongfeng. La clé sera de voir si la famille et l’Etat s’entendent pour former une majorité avec 30% du capital.**Au total, PSA est-il sauvé, notamment en Europe ?** A court terme, oui. Mais à moyen et long terme ? C’est le point clé et le mystère. En Europe, en France, PSA a encore des surcapacités, est absent dans le low cost. Le risque, c’est que le groupe se rétrécisse peu à peu en Europe pour se développer en Asie. Mais on en est pas là **► ► ► LIRE | ** [Le chinois Dongfeng entre au capital de PSA](http://www.franceinter.fr/depeche-le-chinois-dongfeng-entre-au-capital-de-psa) ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.