HSBC a annoncé hier la suppression de 35 000 emplois dans le monde, 15% de ses effectifs. Pourquoi ?

Le groupe bancaire international HSBC réduit ses effectifs
Le groupe bancaire international HSBC réduit ses effectifs © AFP / LOIC VENANCE

Parce que la banque de détail, ça ne rapporte plus. Les agences bancaires, c’est FI-NI. On en ferme à tour de bras, et on licencie : plus de 100.000 postes supprimés dans le monde depuis l’année dernière. En Europe, ça saigne fort, avec 600.000 salariés perdus en dix ans. 

La mise en vente de ce qui s’appelait auparavant le Crédit commercial de France résume à elle seule ce bouleversement. HSBC a acheté le CCF il y a vingt ans pour 11 milliards d’euros. C’était un bijou très convoité. En l’an 2000, on ne jurait que par les réseaux, l’épargne régulière des gagne-petit, le piège magique des crédits immobilier. 

Et puis soudain, tout a changé. L’ex-CCF cherche un repreneur pour un montant symbolique, nous révèlent Les Echos. Quelqu’un qui fera un plan de départ et fermera des agences. La Société générale et la Banque postale regardent le dossier, mais ça ne se bouscule pas.

Au passage, remarquez que la crise de la banque de détail est plus forte que le coronavirus ou le retour du protectionnisme international. HSBC a beau être très présente en Asie, c’est son réseau européen ou américain qu’elle va mettre en quarantaine, pas Hong Kong. 

Mais pourquoi la banque de détail est-elle en crise, en fait ?

Il y a deux raisons à cela. D’abord, les taux négatifs. Quand vous négociez votre crédit immobilier, vous avez dû remarquer que cela ne vous coûte plus très cher. Quant à votre banquier, il y perd. Parce qu’il doit faire un dépôt en contrepartie auprès de la banque centrale ; or au lieu d’être rémunéré, ce dépôt est devenu payant. 

Les taux négatifs, c’est ça. Des banquiers aux abois, qui cherchent mille façons de vous faire payer plus d’agios ou de frais de dossiers.

En comparaison, la banque d’investissement paraît plus sûre, on prend des commissions sur les fusions-acquisitions, on va chercher des gisements de profit un peu sophistiqués.

La deuxième raison de la crise des banques à réseaux, c’est l’essor de la banque en ligne. Les banquiers ont d’abord riposté en transformant les agences bancaires en salons cosy, où un conseiller onctueux vous sert le thé dans un canapé vert pomme pendant que vous pianotez sur des automates. 

Mais le mariage du clic et de la brique, c’est dépassé. Le clic est devenu plus fort. Demain, votre banquier vous invitera de moins en moins à l’agence. S’il reste une agence.

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